Allergique un jour, allergique toujours?


Par: Marie-Josée Gaudreau

Moisissures, produits nettoyants, acariens, pollen, arachides… Qui ne connaît pas au moins une personne qui est allergique? La prévalence de cette maladie a doublé au cours des 15 à 20 dernières années. D’ailleurs, d’après un rapport produit par l’Institut national de la santé publique du Québec, tous les types d’allergies ont connu une hausse importante de 1987 à 1998 dans la province. En Amérique du Nord, une personne sur cinq en  souffre.

Une allergie est en fait une réaction anormale du système immunitaire contre des éléments étrangers à l’organisme bien que ceux-ci soient inoffensifs. Elle peut se manifester sur différentes régions du corps que ce soit la peau, les yeux, le système digestif ou les voies respiratoires. Mentionnons que les symptômes ainsi que leur intensité vont varier selon l’endroit où l’allergie se déclare. 
Les personnes allergiques le sont rarement à un seul allergène. On en répertorie différents types, soit les allergies alimentaires, l’asthme, l’eczéma atopique, la rhinite allergique et certaines formes d’urticaires. Habituellement, la réaction allergique nécessite deux contacts avec l’allergène: la sensibilisation et la réaction allergique. Ainsi, la première fois que l’allergène pénètre dans le corps, par la peau ou par les muqueuses, le système immunitaire identifie l’élément étranger comme étant dangereux. Il se met donc à fabriquer des anticorps spécifiques contre lui. Par la suite, lorsque l’allergène pénètre une deuxième fois dans l’organisme, le système immunitaire est prêt à réagir. En conséquence, les anticorps cherchent à éliminer l’allergène en déclenchant un ensemble de réactions de défense. 
Les allergènes aériens (pollen, -déjections des acariens et squames des animaux domestiques) et alimentaires (arachides, lait de vache, œufs, blé, soya, noix, sésame, poissons, crustacés et sulfites) sont les plus fréquents ainsi que les allergies aux médicaments, au latex et au venin d’insectes (abeilles, guêpes, bourdons et frelons). En ce qui concerne les causes des allergies, les experts s’entendent pour dire qu’elles dépendent de plusieurs facteurs. Outre la prédisposition génétique, mentionnons entre autres la fumée du tabac, le mode de vie occidental et l’environnement, notamment la pollution de l’air. 

Les allergies: en constante évolution
Au cours des dernières décennies, les allergies ont beaucoup progressé. Des chercheurs ont avancé diverses hypothèses pour expliquer cette évolution. Le fait de vivre dans un environnement de plus en plus propre et aseptisé aurait une incidence sur l’augmentation du nombre de cas d’allergies. Donc, pour assurer une saine maturation du système immunitaire, il est bon d’être en contact avec des virus et des bactéries dès le jeune âge. On dit même que les enfants qui contractent quatre ou cinq rhumes par année seraient moins à risque d’allergies. Une autre piste a été soulevée. On croit que les allergies seraient plutôt la conséquence d’une perméabilité trop grande des muqueuses (gastro-intestinale, buccale, respiratoire) ou d’une modification de la flore intestinale. Parmi celles qui évoluent, soulignons les allergies alimentaires qui ont plutôt tendance à persister. Souvent, on doit bannir totalement l’aliment de son alimentation. Les allergies respiratoires peuvent, pour leur part, s’atténuer au point de disparaître presque complètement. L’eczéma atopique a également tendance à diminuer au cours des années. Quant aux allergies au venin d’insectes, celles-ci peuvent s’aggraver, parfois dès la deuxième piqûre, à moins de recevoir un traitement de désensibilisation. On administre alors l’allergène, sous forme d’injection, à raison d’une ou deux fois par semaine, et ce, sur une période de six mois ou plus. Souvent, les gens ne sont pas prêts à se soumettre à un traitement aussi long et exigeant. C’est pourquoi ils optent plutôt pour des médicaments et des méthodes qui soulagent les symptômes. 

Les symptômes: attention au choc anaphylactique
Il existe autant de types d’allergies que de réactions possibles. Les personnes qui souffrent d’allergies alimentaires verront des plaques rouges et blanches apparaître sur leur peau, auront des démangeaisons et leurs yeux, leur langue et leur visage enfleront. Fait à noter, ces symptômes se manifestent habituellement au cours des 30 minutes qui suivent la consommation de l’aliment. En ce qui concerne l’asthme, les symptômes apparaissent de manière épisodique. On parle alors de respiration sifflante, de sensation de serrement thoracique, de difficulté à inspirer et de toux sèche. Quant à l’eczéma atopique, il se présente sous forme de plaques rouges avec des croûtes de peaux sèches et des squames à des endroits précis du corps ainsi que des démangeaisons. En présence de l’allergène, les personnes qui souffrent de rhinite allergique auront le nez qui pique et qui coule, des démangeaisons et une sensation de brûlure. Celles qui sont allergiques aux piqûres d’insectes voient rapidement apparaître des éruptions cutanées rouges et une enflure à l’endroit où elles se sont fait piquer. Mentionnons qu’en cas d’allergie plus grave, une réaction anaphylactique peut se produire. Ses principales manifestations: serrement de la gorge, difficulté à respirer, pouls rapide, pâleur, nausées, vomissements ou diarrhée. S’il s’agit d’un choc anaphylactique, on observe alors une chute de pression pouvant entraîner une perte de conscience. 
Est-on plus à risque de développer une allergie lorsque d’autres personnes de notre famille en souffrent? En effet, les enfants dont au moins un parent, un frère ou une sœur souffrent d’allergies font partie des gens qui sont plus susceptibles d’en être atteints. De plus, les enfants qui ont de l’eczéma et qui souffrent de rhinite allergique à un jeune âge risquent davantage de développer de l’asthme. 
Plusieurs facteurs pourraient contribuer à augmenter les risques de souffrir d’allergies, mais il s’agit pour le moment d’hypothèses encore à l’étude. Parmi -ceux-ci, mentionnons le tabagisme de la mère durant la grossesse et l’exposition à la fumée secondaire durant la petite enfance, la pollution de l’air, le délaissement de l’allaitement, l’infime quantité de fruits et légumes dans l’alimentation et la trop grande consommation d’oméga-6 (huile de maïs, de tournesol, de carthame, de sésame et de soya) au détriment des oméga-3 (poisson gras, noix de Grenoble, graines de lin, etc.).
Qu’en est-il des moyens de prévention? La seule mesure préventive reconnue -actuellement consiste à éviter le tabagisme et la fumée secondaire. Toute-fois, diverses pistes sont explorées par la communauté médicale dont l’allaitement maternel exclusif durant les trois à quatre premiers mois de vie, voire les six premiers mois, l’intro-duction des aliments solides à l’âge de six mois seulement et la diète hypoallergène durant la grossesse.

Les traitements
Avant d’envisager un traitement, il est important d’identifier l’allergène et l’éviter si possible. Selon le type d’allergie, le médecin proposera divers médicaments qui vont atténuer les symptômes et améliorer la qualité de vie. Les médicaments contre les allergies sont vendus sous forme de pilules, de liquides, de vaporisateurs nasaux, de gouttes pour les yeux et de crèmes topiques. Le seul traitement possible pour les personnes qui souffrent d’allergies alimentaires consiste à cesser de consommer l’aliment. Celles qui ont une forte allergie notamment aux noix, aux arachides, au poisson ou aux crustacés et qui sont sujettes au choc anaphylactique doivent garder un auto-injecteur d’épinéphrine à portée de la main. 
Bref, les personnes qui croient souffrir d’une allergie ont tout intérêt à -consulter un médecin qui pourra établir un diagnostic précis.

Les allergies saisonnières
Comme les arbres, les graminées et herbacés nous entourent, personne n’est à l’abri des allergies saisonnières. Toutefois, les différentes plantes ne sont pas allergènes en même temps partout. La saison des allergies s’étire du printemps à l’automne, donc du mois de mars au mois d’octobre. Les plantes les plus allergènes sont l’herbe à poux, le bouleau et l’érable. 
Au Canada, plus de neuf millions de personnes souffrent de rhinite allergique. L’éternuement est l’un des symptômes caractéristiques de l’allergie

Saviez-vous que…
L’allergie aux animaux n’est pas provoquée par leurs poils, mais par leur urine, leur salive et les sécrétions de leurs glandes sébacées.
Ce n’est pas le foin qui donne le «rhume des foins». On lui a donné ce nom parce que cette allergie apparaît à l’époque de la récolte du foin, à la fin du mois d’août ou au mois de septembre.