La passion, une fleur qui se déploie et se partage


Natacha Imbeault

 

Les origines

L’Herbothèque a eu 20 ans en septembre 2014, mais cette histoire commence bien avant sa naissance. À l’origine, il y a une grande Dame, Danièle Laberge. Jeune femme, citadine, psychoéducatrice, son cœur est appelé par l’amour d’un homme aux États-Unis. Là-bas, elle rencontrera la biodynamie, la culture et l’élevage biologique, l’amour de la terre. Elle sera formée en herboristerie et en médecine de la terre avec le Dr John Christopher ainsi que des hommes et femmes médecines, Hopis. Après quelques années, elle se sent rappelée au Québec et s’installera sur une grande terre à Ham-Nord dans les Bois-Francs. C’est là qu’elle installera son Armoire aux Herbes. Une herboristerie traditionnelle qui a vécu durant 30 ans et qui a fermé ses portes au printemps 2011. Quelques années après avoir ouvert son herboristerie, de plus en plus de personnes lui demandaient d’enseigner son savoir, sa science des herbes. Germe l’idée de donner une formation en herboristerie traditionnelle. 

Durant ce temps, alors que j’avais à peine 18 ans, je rencontre à Montréal des gitans venus d’Europe pour faire le tour des Amériques. Ceux-ci m’initient à la chiromancie, la magie, la canalisation, la guérison énergétique et aux plantes médicinales. Une grande porte vient d’être ouverte dans ma vie. Dans cette même période, j’ai reçu la vision de créer un lieu de guérison pour la terre et ses habitants. À ce moment, les événements et formations se sont enchainés jusqu’à maintenant, pour que je marche sur le sentier de la guérison et transmette ma passion pour la vie. 

Un moment transformateur a été ma rencontre avec Danièle Laberge. Un lien profond au-delà du temps et de l’espace nous unissait. J’ai commencé à faire des ateliers avec elle et à l’assister. Danièle a offert la formation en herboristerie en personne, celle-ci a été enregistrée, retranscrite, revue et augmentée, ce qui a donné la première édition de la formation HerbArt par correspondance et la naissance de l’Herbothèque. J’ai fait une partie de la formation en personne, mais comme j’ai accouché (trois fois en 26 mois) de mes trois dernières filles durant cette période, je participais quand je pouvais. Par la suite, j’ai refait toute la formation par correspondance. 

Au début, je ne voulais pas en faire un métier. J’étais attirée par la santé naturelle pour prendre soin de moi et de mes proches. Les événements se sont succédé et c’est devenu une passion. J’ai résisté un temps, avancé d’un pas, reculé de deux… Ça vous rappelle quelque chose ? L’herboristerie, bien qu’étant un métier millénaire, n’était pas connue. Quand on parlait de plantes médicinales, on nous disait systématiquement qu’on faisait pousser de la drogue. Maintenant, les gens nous disent « Ah oui, l’échinacée… le millepertuis… » Donc j’ai choisi de faire ce métier même s’il n’était pas du tout valorisé, de croire en moi, en mes aspirations, d’accepter de suivre cette passion qui m’habitait de plus en plus. 

Unité et partage

Après ma formation, j’ai commencé à enseigner et à faire de la consultation en herboristerie en plus de ma pratique en énergétique. Mon lien intime avec le monde des végétaux a été tel que même pendant les traitements énergétiques, les plantes étaient présentes. Parfois, je sentais intensément l’énergie d’une plante se manifester pendant le traitement. À plusieurs reprises, les clients ont senti l’odeur des plantes présentes et les ont identifiées, sans même que je leur mentionne ce qui c’était passé. De la pure magie, une union profondément nourrissante, que je souhaite à tous. Danièle Laberge m’a souvent dit : « Natacha, l’herboristerie est une excuse pour amener les gens à contacter plus grand que soi, à gouter à la conscience, à la vie ! » Comme c’est vrai ! 

Parallèlement à cela, j’ai enseigné à la maison durant treize ans à mes quatre filles, exploré les arts et la vie sous plusieurs formes. En janvier 2002, moi et mon partenaire de vie avons fait l’acquisition de l’Herbothèque. Comme les cours étaient uniquement par correspondance, nous avons installé les bureaux à la maison.  

Un jour, je me suis sentie à l’étroit, plus au bon endroit. Durant plus de trois ans, j’ai cherché un endroit où déménager. C’était soit trop cher, trop loin, le zonage ne permettait pas que l’on ait une entreprise comme l’Herbothèque, etc. Un jour, un peu désespérée de ne pas trouver, je me suis dit « Ça ne se peut pas que je ne me sente plus chez moi ici depuis si longtemps et que je ne trouve pas où aller m’installer pour concrétiser ce qui vit en moi et veut se matérialiser ». J’ai donc décidé d’aller méditer en travaillant à mon jardin. Je me suis mise en lien avec la terre, je lui ai demandé : « Où veux-tu que j’aille ? Où dois-je m’installer pour matérialiser cette vision que j’ai reçue ? » Après deux heures à méditer ainsi, j’ai senti un grand calme m’envahir. Vous savez ce grand calme qui nous permet d’entrer en contact avec le silence intérieur absolu, une paix remplie de confiance ? Je suis rentrée dans la maison, j’ai ouvert une carte du Québec, fermé les yeux, laissé ma main se promener au-dessus de la carte, jusqu’à ce que je sente que c’était LÀ. J’ai ouvert les yeux et le premier mot que j’ai lu a été « Lantier ». La suite ? En 2005, nous avons visité et acheté l’endroit où nous habitons maintenant dans les Laurentides. Ça n’était pas parfait du point de vue des bâtiments; mais ça l’était au niveau du budget, de l’énergie du lieu et du potentiel du site. 

La passion en action

Lorsqu’on a la passion et de la vision, on ne s’ennuie pas. Au fil des ans, nous avons fait beaucoup. On a donc revu les formations offertes par l’Herbothèque (plus de 250 cahiers de formations !). On a gardé ce qui faisait leur richesse (vision holistique, spirituelle et usage traditionnel des plantes) et on y a ajouté un volet plus contemporain, incluant les aspects scientifiques et recherches. Nous avons aussi ajouté plusieurs cours et ateliers liés à la croissance personnelle, la santé naturelle, la naturothérapie, l’aromathérapie, etc.  En 2011, lorsque l’Armoire aux herbes a fermé ses portes, nous avons repris une partie des activités de celle-ci. 

Depuis 2006, nous avons également installé 2 âcres de jardins remplis de plantes médicinales, 4 km de sentiers en foret que nous finirons d’aménager en 2015 et construit une serre écologique d’inspiration Earthship. Pour demain ? Nous prévoyons agrandir les bureaux de l’Herbothèque, continuer notre partenariat éducatif avec le Monastère des Augustines dans le Vieux-Québec, écrire de nouveaux livres, compléter le dossier de reconnaissance des savoir-faire, des connaissances et de l’utilisation des plantes médicinales en tant que patrimoine immatériel et vivant auprès du Ministère de la Culture et des Communications du Québec, etc.

Difficile de résumer toute la magie qui a été présente dans les derniers 30 ans. Les explications précédentes pourraient laisser croire que tout a été facile. Il y a eu de l’intuition, de la guidance dans nos vies, de la magie, mais aussi une multitude de défis, d’obstacles. Si aujourd’hui, je peux vivre de ma passion, il y a des raisons. 

Lors d’une conversation avec mon aînée, sur la vie, quelles directions choisir, se fixer des objectifs clairs qui nous ressemblent, etc., je lui disais qu’on me faisait souvent le commentaire suivant : « Tu es vraiment chanceuse de faire ce que tu aimes ! » Elle m’a dit sur un ton offusqué « Mais ce n’est pas de la chance. Vous travaillez tellement fort ». Quelle est la part de chance et de travail dans chaque situation ? Qu’est-ce qui fait que ça fonctionne ou non ? Que certains gardent le focus et atteignent des objectifs malgré les épreuves et d’autres non ? 

Premièrement quelle est la part de chance ? Est-ce que vous connaissez le résultat de cette étude qui a été faite avec des gens qui se disaient malchanceux et d’autres qui se disaient chanceux ? Je vous fais un résumé : des chercheurs ont invité ces personnes (malchanceuses et chanceuses) à se présenter individuellement à un rendez-vous dans un café pour discuter de cela avec eux. Les chercheurs avaient placé de l’argent par terre à côté de la table où avait lieu l’entretien. Et bien, les personnes qui disaient ne pas avoir de chance n’ont pas vu l’argent par terre et les personnes qui disaient avoir de la chance ont vu l’argent par terre ! Qu’est-ce que cela nous invite à conclure ? Que ce que nous croyons conditionne ce que nous vivons ! Alors si vous dites que vous n’avez pas de chance, il vous faudra rééduquer votre esprit à croire à autre chose. Observez les pensées qui vous habitent. Vont-elles dans le même sens que ce que vous désirez dans la vie ? Si non, et bien faites PAUSE lorsque vous vous en apercevez et choisissez ce que vous voulez à la place. Faites de la reprogrammation positive ou un peu de PNL. 

Quelle est la part de travail ou de cœur à l’ouvrage ? Si vous parlez à des gens qui ont réussis dans leur milieu ou encore à des entrepreneurs, la grande majorité vous dirons qu’ils ont mis leur entreprise ou objectif dans leurs priorités #1 et qu’ils y ont consacré durant plusieurs années leurs journées, soirées et souvent fin de semaine. Si vous voulez la même chose dans votre vie, vous devrez vous attendre à y consacrer toute l’attention requise. Par contre, si vous ne perdez pas votre objectif de vue et déve-loppez la résilience, les résultats seront au rendez-vous. Mais à travers tout ça, continuez de prendre soin de vous, de prendre des pauses, lorsque nécessaires. La fatigue extrême est une des causes qui nous éloignent de nos passions, de notre chemin véritable. 

Bien définir ces objectifs, c’est primordial. J’ai remarqué que plusieurs confondent le chemin avec les objectifs. Pour moi, ce qui est important, c’est d’atteindre mes objectifs de la façon la plus satisfaisante possible. Il est fort probable que j’y arriverais par des chemins et détours que je n’avais pas prévus au départ. Mais n’est-ce pas souvent le cas dans cette vie terrestre si riche en rebondissements ? Si vous confondez le chemin avec les objectifs, il y a un risque de perdre votre vrai objectif de vue et de ne jamais l’atteindre. Votre phare sera votre objectif que vous aurez bien défini. 

La passion, c’est contagieux

La passion, c’est souvent contagieux ! Nos filles participent chacune à leur façon à l’entreprise. Certaines ont choisi le chemin de la guérison et de devenir des thérapeutes. C’est une histoire à suivre, probablement sur plusieurs générations… Mais n’est-ce pas le propre de l’herboristerie que de se vivre dans la cuisine, de se transmettre de mère en fille, de maitre à apprenti ? La passion est un chemin sans fin qui nous nourrit, c’est le moteur de bien des réalisations.

Cet été, nous soulignerons les 20 ans de l’Herbothèque avec plusieurs ateliers tout l’été dont certains à contribution volontaire. J’espère vous rencontrer et avoir le plaisir de vous partager ma passion de la vie et des plantes médicinales !

Natacha Imbeault

Maître herboriste et Hta, auteure, conférencière, thérapeute multidisciplinaire et directrice de L’Herbothèque 

www.herbotheque.com

T. 819-326-4516