Le sommeil


Émilie Gaignard | Paru dans Mieux-Être Édition Août 2016

Saviez-vous que vous avez passé environ le tiers de votre vie à dormir jusqu’à maintenant? Et que vous n’avez pas fini? En considérant une moyenne de 8 heures de sommeil par nuit à l’échelle d’une vie, c’est énorme! Voilà pourquoi il est si primordial de s’intéresser à nos habitudes de sommeil.

Quand le sommeil tarde à venir
Par définition, l’insomnie se caractérise par une difficulté à trouver le sommeil, par la perturbation des phases du sommeil, par des réveils fréquents et par un sentiment de fatigue durant la journée. 

L’insomnie n’est pas une maladie, mais bien un symptôme d’un mal à identifier. Les causes peuvent être variables: une douleur physique, un désordre médical, un stress aigu ou chronique, etc.

La prise régulière de somnifères est un pansement bien plus qu’une solution à l’insomnie. Mieux vaut chercher à identifier la cause et tenter de la régler. Cela peut nécessiter un changement d’habitudes de vie, une psycho-thérapie ou le diagnostic et le traitement de conditions médicales sous-jacentes.

Docteur, j’ai mal!
Le sommeil peut parfois être perturbé par la douleur. Il est également possible qu’il soit source de votre douleur. Certaines personnes souffrant de douleurs physiques au cours de la journée verront le moment du coucher comme un soulagement, pour d’autres, ce sera synonyme d’aggravation de leurs symptômes. Il est également possible de se réveiller au matin avec certains inconforts. Dans tous les cas, il est préférable de consulter un professionnel de la santé capable d’évaluer adéquatement votre intégrité musculo-squelettique, comme un chiropraticien. À l’aide d’un examen physique et de questions, il pourra établir un diagnostic, vous proposer un traitement et surtout vous conseiller quant à une hygiène de sommeil adaptée à votre condition.

Il est assez fréquent dans nos cabinets que les gens nous consultent avec des douleurs récurrentes présentes au réveil. Celles-ci peuvent être causées, entre autres, par une mauvaise position de sommeil, un manque de support au niveau du matelas ou de l’oreiller; cela peut aussi être un signe d’arthrose ou d’arthrite. Il est nécessaire de revisiter l’historique d’apparition des douleurs, les habitudes de sommeil et d’examiner la région douloureuse afin de pouvoir déterminer précisément la cause et la corriger. 

Les douleurs aiguës et spontanées au réveil sont également fréquentes: elles peuvent être causées par une mauvaise position ou un faux mouvement en cours de nuit ou encore être le fruit d’une blessure musculaire ou ligamentaire survenue lors des jours précédents. Par exemple, une entorse cervicale à la suite d’un accident de voiture ou une entorse lombaire à la suite de travaux de jardinages peuvent se manifester par un simple inconfort le jour même et une douleur et une limitation de mouvement importantes peuvent survenir au réveil 24 à 48 heures plus tard. Dans les deux cas, l’application initiale de glace puis la consultation d’un professionnel de la santé et un traitement conservateur (par des manipulations et du travail musculaire notamment) sont indiqués.

Comment dormir sur mes deux oreilles?
La position de sommeil est souvent en cause dans les inconforts liés au sommeil. Malheureusement, il n’existe pas une seule et unique position qui peut convenir à tout le monde afin d’assurer un sommeil confortable toute la nuit. Cependant, certaines positions sont à éviter. Nous éviterons notamment de dormir sur le ventre, particulièrement avec un oreiller. Cette position entraîne une extension importante au niveau du dos et du cou, en plus de forcer une rotation importante au niveau du cou. Ces positions, qui peuvent être confortables au premier abord, ne sont pas faites pour être conservées pendant d’aussi longues périodes et peuvent entraîner un étirement musculaire excessif ainsi que l’irritation des facettes articulaires des vertèbres du cou et du bas du dos. Il sera donc préférable de dormir sur le dos ou sur le côté. Dans les deux cas, le positionnement des bras peut être problématique et entraîner des engourdissements au niveau des bras ou de la douleur au niveau des épaules: évitez de relever les bras au-dessus de votre tête ou d’en replier un sous votre oreiller. Il sera préférable de laisser les bras reposer le long de votre corps en dormant sur le dos ou encore d’utiliser un oreiller supplémentaire ou un oreiller de corps pour faire reposer le bras du dessus lorsque vous dormez sur le côté. Finalement, il arrive que nous ayons à conseiller de placer un oreiller sous le creux des genoux lors du sommeil sur le dos ou encore entre les genoux en position latérale lorsque les patients souffrent de douleur au dos et/ou au nerf sciatique.

Et le matelas dans tout ça?
Beaucoup de gens vont croire, à tort ou à raison, que leurs douleurs sont provoquées par leur matelas. S’il est vrai qu’un matelas a une durée de vie relativement limitée et que le choix d’un matelas peut influencer l’apparition de certaines douleurs, il n’en demeure pas moins que votre matelas ne devient pas inadéquat du jour au lendemain. Il est donc possible que changer de matelas ou d’oreiller ne règle pas votre problème: assurez-vous donc d’évaluer les autres causes avant de faire un investissement important.

Il peut être difficile de faire un choix lors de l’achat d’un matelas. Tout d’abord, le matelas doit être ferme ou semi-ferme. Les matelas mous ne supportent pas adéquatement la colonne vertébrale et les parties les plus lourdes de notre corps, c’est-à-dire le bassin et la tête. Toutefois, un matelas trop dur pourrait favoriser l’apparition de points de pression douloureux. La meilleure façon de porter son choix est l’essai du produit. Allongez-vous sur le matelas dans votre position de sommeil habituelle, pour plusieurs minutes. Si vous êtes deux personnes à utiliser le lit, essayez-le ensemble. Vous éviterez ainsi les mauvaises surprises. 

Un bon oreiller, quant à lui, devrait soutenir la courbe naturelle du cou (la lordose) lorsqu’on est couché sur le dos et maintenir le cou dans la continuité de la colonne (ligne horizontale) lorsque l’on dort sur le côté. Il est préférable de choisir un oreiller plutôt ferme, afin d’éviter qu’il ne s’affaisse. Le choix du matériel est également un facteur à considérer, celui-ci devrait être hypoallergène et lavable. Un oreiller «orthopédique» ou «profilé» de qualité est généralement le meilleur choix et s’adapte aux différentes positions de sommeil. Finalement, une variété de taille est également un critère à évaluer: il semble logique qu’une femme de petite taille ne nécessite pas la même épaisseur d’oreiller qu’un homme costaud.

Si vous éprouvez des douleurs au coucher, la nuit et au matin, et que la modification de vos positions de sommeil n’y change rien, consultez un professionnel de la santé, comme un chiropraticien. Finalement, la présence de douleurs qui vous réveillent la nuit ne devrait jamais être prise à la légère et devrait être évaluée par un professionnel de la santé dès que possible.

 


Dre Emilie Gaignard,
Chiropraticienne
1379 Curé-Labelle Blainville, J7C 2P1
450.971.0888
santevousbien.ca


Références :
Association des chiropraticiens du Québec
Statistiques Canada
École de psychologie de l’Université Laval