L'effet du temps sur notre corps


Par Émilie Gaignard | Paru dans l'édition Décembre 2016

De la naissance à la mort, notre corps subit les assauts du temps, s’adapte et évolue au fil des ans. De façon remarquable, de la naissance au début de l’âge adulte, nous grandissons, acquérons force et puissance en plus de voir toutes nos facultés mentales se développer et nous permettre d’acquérir toutes sortes de connaissances et de compétences. Tous ces changements positifs et impressionnants semblent se faire sans grands efforts. C’est le bel âge! Mais quand survient l’âge adulte, la vapeur semble se renverser. Notre vitesse de récupération lors d’efforts, de blessures ou de maladie semble moins grande. Notre souplesse s’en va peu à peu, de même que notre force et la carrure de notre jeunesse. Même la mémoire semble faire défaut. Mais que se passe-t-il dans le corps pour nous faire dire «je n’ai plus vingt ans!»? 

Le corps humain est un organisme complexe en constante adaptation. Chaque organe et système a un effet sur les autres et suit un rythme qui lui est propre. La charpente de notre corps, nos muscles et nos os se développent de façon plus ou moins régulière, en suivant quelques «poussées», de la naissance jusqu’au début de l’âge adulte. Pendant cette période, l’activité de nos cellules «constructrices» est plus importante que celles «destructrices», ce qui explique l’augmentation de la taille, la densité et la masse des os et des muscles. Cependant, à partir de l’âge adulte, notre masse et notre force musculaire vont diminuer. Les pertes osseuses vont diminuer la résistance des os. Les tendons et les ligaments vont se réparer plus lentement. La peau, constamment exposée à l’effet oxydant des radicaux libres, va perdre progressivement de son élasticité. Ces changements constituent les changements les plus notables du vieillissement puisqu’ils sont souvent visibles de l’extérieur: la peau moins élastique semble relâchée, plus ridée. La perte de masse musculaire vient changer les contours du corps, en plus de créer une diminution de force. Les efforts nous semblent plus importants et cela peut nous emmener sur une spirale descendante: nous évitons les efforts qui nous semblent trop grands et cette sédentarité croissante engendre une perte plus rapide de la masse musculaire.

En vieillissant, plusieurs personnes mentionnent que les douleurs physiques sont plus fréquentes et plus longues à disparaître. Cela peut être attribuable à plusieurs facteurs: l’ankylose, l’arthrose, l’ostéoporose, la vitesse de régénération diminuée des différents tissus, etc. En vieillissant, le corps synthétise moins bien le collagène et l’élastine, non seulement au niveau de la peau, mais au niveau des tendons et des ligaments également, les rendant moins résistants, moins souples et plus lents à guérir en cas de blessure. L’arthrose, processus de dégénérescence articulaire, est quelque chose qui nous affectera tous à un moment de notre vie, cependant, certaines personnes en manifestent les symptômes plus tôt ou de façon plus importante. L’arthrose se manifeste par une usure des articulations : diminution de l’espace articulaire, remaniement osseux, irrégularité du cartilage, perte de mobilité. Cette usure n’est pas douloureuse en soit, il faut d’ailleurs distinguer l’arthrose de l’arthrite qui, elle, est une maladie inflammatoire. Cependant, l’arthrose est souvent cause de douleur, puisque les articulations affectées sont plus sujettes à ankyloser ou à l’inflammation si elles sont immobiles trop longtemps ou encore trop sollicitées. La dégénérescence articulaire tend à se développer de façon plus rapide et plus importante sur les articulations ayant été blessées par le passé ou surutilisées. La colonne vertébrale également, peut être le siège d’arthrose, en plus de dégénérescence discale, c’est-à-dire un amincissement des disques intervertébraux provoqué par la déshydratation de ceux-ci. C’est d’ailleurs ce phénomène, parfois combiné au tassement osseux observé en cas d’ostéoporose, qui est à l’origine de la perte de grandeur généralement observée en vieillissant.

Et notre cerveau, lui? Le développement du cerveau humain se produit de façon très rapide lors de la petite enfance et le volume de la matière cérébrale continue d’augmenter jusque vers l’âge de 14 ans, ou le cerveau atteint sa taille maximale. La masse du cerveau va ensuite progressivement décroitre, de façon plutôt constante, à raison d’environ 2% par décennie. Cette perte ne se fera pas de façon égale et tend à cibler particulièrement la zone de la mémoire et diminuer la production de dopamine, ce qui aura un effet sur les fonctions motrices. Cependant, il est intéressant de noter que peu importe l’âge, le principe de la plasticité neuronale reste présent: cela veut dire que notre cerveau est capable de trouver des stratégies pour compenser ses pertes, en créant des chemins alternatifs entre nos neurones. Cela veut donc dire qu’en sollicitant quand même les fonctions qui diminuent, notre cerveau va s’adapter et trouver une façon de les maintenir. À condition, bien sûr, que celui-ci soit en santé, car il existe certaines maladies dégénératives qui n’ont rien à voir avec le vieillissement normal.

L’accroissement spectaculaire de la longévité humaine dans les dernières décennies fait qu’il n’est plus rare de rencontrer des octogénaires et des nonagénaires. Mais cela pose des préoccupations différentes. La problématique n’est plus de simplement se rendre à cet âge, mais aussi de savoir dans quel état. La fontaine de jouvence n’ayant pas été trouvée, il n’y a pas de solution miracle à proposer. Cependant, quelques recommandations peuvent nous aider à mieux traverser les épreuves du temps:

Pratiquez des activités physiques modérées quotidiennement, ne négligeant pas de faire des étirements. De cette façon, vous solliciterez vos muscles et votre squelette, qui conserveront mieux leur force, leur souplesse et leur solidité. L’activité physique régulière a également des effets positifs au niveau cognitif et au niveau de votre santé cardiovasculaire. Buvez de l’eau en quantité suffisante chaque jour. Mangez sainement, assurez-vous de combler tous vos besoins en vitamines et minéraux (en calcium et en protéines notamment), afin d’éviter à votre corps d’aller puiser dans vos réserves, soit vos muscles et vos os. Maintenez un niveau d’activité sociale, sortez, rencontrez des amis. Gardez votre cerveau actif en le sollicitant, jouez à des jeux nécessitant votre mémoire et votre concentration, apprenez une nouvelle langue, lisez, apprivoisez les nouvelles technologies, etc.

N’acceptez pas la douleur comme étant une partie intégrante et incontournable du vieillissement. N’hésitez pas à consulter un professionnel de la santé neuro-musculo-squelettique, comme un chiropraticien, pour vous aider à retrouver ou maintenir une bonne mobilité articulaire ainsi que pour soulager ou prévenir les douleurs musculaires ou articulaires.

Nous n’échapperons pas aux effets du temps, mais il n’y a aucun mal à vouloir vivre longtemps et surtout, en bonne santé. On dit que la destination finale de la vie est la même pour tous, mais que le but est d’y arriver le plus tard possible et en bonne condition.


Dre Emilie Gaignard
Chiropraticienne
1379 Curé-Labelle #101, Blainville, Qc, J7C 2P1
450-971-0888
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