Sortir de l'ombre pour oser sa vie


Par Johanne Bragoli | Paru dans Mieux-Être Édition Décembre 2017

Certaines personnes arrivent à honorer leur essence et à transformer leurs rêves en objectifs par l’actualisation de leur potentiel créateur. De cette façon, ils réalisent ce pour quoi ils semblent être venus au monde. Pouvons-nous tous en arriver là?

Ces gens dégagent une telle aura de bien-être qu’on a envie de se coller à eux et de les prendre pour modèle! Toutefois, pour plusieurs autres, laisser libre cours à leur essence profonde est plus difficile. Leurs rêves ne se transforment pas, le processus d’actualisation de leurs ressources et de leur potentiel est bloqué, ce qui nourrit un sentiment d’insatisfaction face à leur vie. De plus, une impression de vide profond les habite, car «l’ombre» les maintient dans l’inertie et empêche leur potentiel d’être honoré!

Je viens de l’ombre. J’ai souvent ressenti la douleur liée à l’absence d’accomplissement. Le chemin parcouru pour retrouver l’amour et développer un sentiment de valeur m’a permis de sortir de l’ombre pour «oser ma vie».

Cet article propose, à ceux qui sont cachés dans l’ombre, des pistes de compréhension face aux composantes des obstacles qui les empêchent d’oser leur vie. Il met en lumière des pistes de solutions pour trouver le chemin de la lumière afin d’actualiser leur grand potentiel qui, à ce jour, demeure malheureusement sous-estimé et inexploité.

Oser sa vie c’est vivre selon son essence profonde
L’expression «Oser sa vie» signifie la capacité d’avancer, de passer à l’action, de poser des gestes, de mettre en place des objectifs, de trouver des moyens pour réaliser ce qui nous fait plaisir, ce qui nous rend heureux, ce qui donne un sens à notre vie, ce qui nous donne le sentiment profond d’être «sur notre X» et qui nous procure la certitude d’accomplir ce pour quoi nous sommes nés. Oser sa vie c’est «être» véritablement, enfin soi-même!

Tout un programme! Oser sa vie suppose que nous ressentions l’élan de notre âme qui nous dirige, par exemple, sur le chemin opposé à celui que nos parents, ou tout autre guide, nous ont pointé comme étant le meilleur pour nous! Il est aisé de comprendre qu’à l’adolescence, alors qu’on nous demande de choisir un programme d’études dans l’optique d’une carrière future, il soit difficile de trouver son chemin, car la connaissance et l’acceptation de soi sont en devenir.

Malgré ce fait, certains adolescents trouvent leur voie et deviennent des adultes épanouis. D’autres, à cause d’un manque d’estime de soi et de confiance en leur potentiel, ont la certitude que la vie est plus facile pour leurs prochains, car comparativement à eux, ils n’ont pas les capacités, les ressources et le bagage génétique pour réussir et oser leur vie.

Pour sortir de l’ombre et oser sa vie
On m’aurait dit il y a 10 ans qu’un jour j’écrirais un article sur ce thème, jamais je ne l’aurais cru. Enfant introvertie, adolescente et adulte convaincue de n’avoir aucune capacité, ressentant un profond sentiment de non-valeur, je me suis laissée contrôler par mon ombre.

Portant la croyance profonde d’être moins bonne que tous ceux qui atteignaient leurs objectifs, j’étais résignée face à mes rêves, convaincue que c’était perdu d’avance. Aujourd’hui, j’anime des groupes d’étudiants, je partage mes découvertes lors de conférences et je transmets l’espoir à ceux qui croient que la lumière n’est que pour les autres.

Éviter la comparaison
La comparaison entretient des croyances erronées et des peurs paralysantes.

Elle est un réflexe qui se met en place lorsque notre regard cherche, à l’extérieur, la validation de notre valeur. Je rêvais d’avoir le courage de parler devant un groupe de personnes, car j’admirais les gens qui y arrivaient. Combien de fois me suis-je comparée en mettant en relief les lacunes que je portais: timidité, introversion, propos inintéressants selon ma perception, manque d’esprit de compétition m’empêchant de foncer vers mes objectifs. À la lumière de mes comparaisons, j’en arrivais toujours à la même conclusion et j’entretenais cette croyance: «moi, Johanne, je n’ai pas ce qu’il faut pour réussir à actualiser mes objectifs». Je croyais sincèrement être une de celles que Dieu a oublié le jour où il a offert des ressources, du potentiel et de la valeur aux êtres humains. Triste n’est-ce pas?

La comparaison, lorsque non conscientisée, fait en sorte que l’individu nourrit des croyances limitatives en lien avec sa valeur: «je ne suis pas à la hauteur, les autres sont bien meilleurs que moi, je n’ai rien d’intéressant à transmettre...» Elles ne peuvent que faire obstacle au fait d’oser passer à l’action, car avec ces croyances, viennent automatiquement des peurs: d’être jugé, rejeté, ridiculisé, d’échouer et de vivre de l’humiliation, de déranger par nos réussites, d’avoir à faire des choix et de perdre, etc. Toutes ces peurs, alliées aux croyances erronées faisant partie de notre répertoire, forment une ombre épaisse nous empêchant de goûter à l’actualisation de notre essence, car en leur laissant le contrôle, nous mettons en veilleuse nos rêves, nos aspirations les plus profondes, ce qui nous rend malheureux.

L’ombre vise d’abord à nous protéger
Cette ombre se crée dans la relation aux personnes importantes de nos vies. Bien qu’à la longue elle nous empêche de nous créer librement, elle vise d’abord à combler le besoin d’amour et de sécurité essentiels à notre survie.

En effet, en gardant dans l’ombre des aspects de notre personnalité, nous évitons ce qui nous effraie, nous évitons ce qui nous fait souffrir de manière intolérable : la peur de perdre l’amour et la sécurité reçus dans la relation à nos parents ou substituts. Cette ombre nous empêche d’être nous-mêmes et devient une stratégie de défense qui nous préserve de la peur de ne plus être aimé. Toutefois, à la longue, elle cultive la souffrance de non-existence par manque d’épanouissement et de réalisation de soi.

6 étapes pour affronter ses peurs et transformer certaines croyances*

  1. Identification des peurs récurrentes qui se pointent dès que vous avez un rêve.
  2. Stop au jugement! Accepter ses peurs, y être attentif, et se demander pourquoi elles vous habitent, il y a une raison valable!
  3. Identifier les besoins rattachés à chaque peur: vous avez peur d’échouer? Avez-vous besoin d’être fier de vous? Avez-vous besoin d’être valorisé? Reconnu? Aimé? Vous avez peur d’être jugé? Avez-vous besoin d’être accepté dans votre différence? Avez-vous besoin d’être respecté?
  4. Responsabilisez-vous, cessez d’attendre que l’extérieur vous donne ce que vous ne vous donnez pas vous-même: vous aimez-vous? Vous reconnaissez-vous? Vous respectez-vous? Charité bien ordonnée commence par soi-même!
  5. Passez à l’action pour ancrer la réalité: vous n’êtes plus un enfant sans ressources! Vous avez acquis au fil de votre vie, des outils inestimables qui ne demandent qu’à être utilisés!
  6. Pratiquez-vous! Ce n’est que dans l’action que les fausses croyances se transforment et que la confiance se construit!

Johanne Bragoli
TRA, Thérapeute en relation d’aide par l’ANDC

Références

  • Relation d’aide et amour de soi, Colette Portelance, CRAM
  • *Source : Formation Thérapeute en relation d’aide par l’approche non directive créatriceMD, de Colette Portelance, CRAM.