D'abord la paix intérieure, ensuite le succès


Par Michèle Cyr | Paru dans Mieux-Être, Édition Août 2018

Visez la paix intérieure en premier, et après seulement, le succès ou l’abondance… Pourquoi? Si vous vous êtes retrouvé acculé au pied du mur dans votre vie, vous en connaissez les raisons et vous êtes sûrement conscient de l’importance de la démarche que vous avez entreprise. Pour ceux qui ne seraient pas encore passés par là, c’est le temps d’envisager une approche différente. Voici pourquoi. 

Avez-vous l’impression d’avoir réalisé vos rêves ? Peut-être que non. Peut-être que vous pensez aussi que, quand vous aurez le bon boulot, le bon conjoint, ceci ou cela, tout ira mieux. Toutefois, êtes-vous certain que de réaliser ses rêves apporte vraiment la paix intérieure ?

Le succès ne comble pas notre recherche de sens
De mon côté, j’ai longtemps voulu plus. Élevée pour être une « performante », j’ai réalisé plusieurs rêves : être vice-présidente avant 30 ans, être présidente avant 40 ans, publier des best-sellers, offrir un service de coaching de gestion… Et pourtant, j’ai « frappé un mur » : après avoir réalisé ces rêves, un vide intérieur et un manque de sens m’habitaient. Malgré tous mes « succès », le bien-être n’était pas au rendez-vous.

Une période d’introspection m’a permis de comprendre que cette course folle, dirigée principalement par l’ego, m’incitait à combler ce sentiment de vide à l’extérieur de moi. Je validais ma valeur par l’approbation de mon père, l’image du succès, l’argent, la reconnaissance de mes pairs, etc. Essoufflée et désemparée, je me suis dit qu’il fallait absolument que la vie soit plus que ça !

Je me suis mise à aspirer à une existence pleine de sens, où je sentirais ma connexion à ce « plus grand que moi », ce qui me permettrait d’apporter une contribution aux autres. Des questions pressantes m’habitaient… À quoi sert ma vie ? À quoi sert cette course effrénée vers le succès, l’abondance, la reconnaissance des autres ? J’ai donc voulu comprendre le sens de la vie en général et surtout le pourquoi de MA vie. Qu’est-ce que je suis venue apporter ? Pourquoi suis-je sur cette planète ?

Voilà des questions bien communes. Mais, tous aussi occupés que nous le sommes, nous ne prenons pas le temps d’y réfléchir. Qu’en est-il pour vous ? Si vous vous arrêtez pour sentir ce qui se passe intérieurement pour vous, que découvrez-vous ?

La satisfaction des besoins de l’ego est fragile et temporaire
Cette quête de sens a déclenché une démarche spirituelle de plus de 20 ans. J’ai compris que l’on crée notre vie soit à partir de l’amour, soit à partir de la peur. Lorsqu’on choisit la peur ou le manque comme guide, notre satisfaction sera très temporaire. Ce qui est là un moment disparaîtra l’instant d’après. Ce qui va bien pendant un moment ira mal plus tard, et vice versa.

De plus, si notre bien-être dépend d’événements extérieurs tels que notre -réussite professionnelle, notre réputation, notre abondance financière, le succès de nos enfants, l’approbation des autres, etc., il restera très fragile. Soyons honnêtes : nous n’avons pas, ou très peu, de contrôle sur tout cela.

Petite réflexion : sur quoi comptez-vous pour assurer votre bien-être ? Est-ce extérieur à vous ?

Neuf ans après l’écriture de Que la force d’attraction soit avec toi, qui explique comment créer ses désirs, je sais désormais que les bénéfices associés à leurs réalisations sont temporaires, très temporaires, surtout s’ils viennent de l’ego. Après avoir réalisé un désir, on en verra un autre se pointer à l’horizon. Les désirs perpétuels caractérisent notre humanité et nous imposent une course sans fin, ce qui nous jette dans une lourde spirale.

Le tourbillon des désirs perpétuels
En effet, une lourde spirale s’installe alors, car si un désir n’est pas satisfait, si un acquis est perdu ou si une réalisation disparaît, on risque d’être déçu, anxieux et même en colère. On sort perdant et épuisé de cette spirale. Je le sais, car je les ai vécus, ce bonheur temporaire de posséder, de gagner, de réaliser, ainsi que la déception de perdre. Par exemple : lors du lancement de mon dernier livre, je me suis laissé prendre au jeu de l’ego, en me préoccupant du nombre de « J’aime » sur ma page Facebook, du nombre d’entrevues obtenues dans les médias, etc. J’étais de retour dans un tourbillon, jusqu’à ce que je m’arrête en me demandant si le nombre de « J’aime » allait déterminer mon bien-être, ma paix intérieure. En écrivant ces mots, je réalise combien c’était ridicule. Je réalise aussi combien c’est facile, malgré des années de pratiques spirituelles, de se perdre dans la course de l’ego !

Qu’en pensez-vous ? Dans quelle spirale êtes-vous coincé présentement ?

Un être spirituel doté d’une expérience humaine
Lorsqu'on sort de cette spirale de désirs incessants, on découvre que le réel moteur et la raison d’être de notre vie, c’est de vivre à partir de l’amour, en lien avec notre être spirituel. Ainsi, nous pouvons créer une vie satisfaisante et sereine, car elle est créée à partir de ce que nous sommes vraiment, un être spirituel.

Je sais aussi avec certitude que je suis avant tout un être spirituel doté d’une expérience humaine, et non le contraire. D’abord, un être spirituel, ensuite une personne humaine qui peut avoir des besoins et des aspirations.

On prend aussi conscience que notre paix intérieure et notre bien-être ne dépendent pas de ce qui se passe à l’extérieur de nous ; ils dépendent plutôt exclusivement de ce qui se passe à l’intérieur de nous. L’extérieur est le reflet de notre condition intérieure. Nous devons donc nous concentrer sur notre intérieur !

Cela ne veut pas dire de ne pas avoir de désirs ou de renier notre vie humaine. Pas du tout ! Par contre, on doit se demander avec vigilance, à chaque moment, à partir de quoi on veut vivre et créer. De l’ego ou de l’être spirituel ? De la peur ou de l’amour ? De l’extérieur ou de l’intérieur ?

Même si je m’amuse au jeu de la force d’attraction pour manifester des souhaits externes, j’utilise mes pratiques spirituelles pour m’assurer d’être bien centrée dans le cœur, pour entretenir une paix et une sécurité intérieures et créer à partir de ces états d’être. Puiser dans ma force intérieure me rend libre, paisible et sereine. Je la nourris, je la renforce par mes pratiques spirituelles qui me permettent de maîtriser mes états d’être.

Avec mon outil de recadrage spirituel1, je conscientise et me libère de l’emprise de l’ego, de la peur sur mes pensées, mes émotions et mes comportements. Ainsi, je change ma perception et mon interprétation des événements et des autres, donc de mes réactions. Fini les montagnes russes ! Avec cette plus grande paix intérieure, je crée une vie qui me ressemble, de l’intérieur vers l’extérieur.

Fluidité, facilité et paix intérieure
De plus, fluidité et facilité se sont installées progressivement dans ma vie. Je ressens aussi une plus grande sécurité intérieure. Je suis sûre que tout se passera comme il se doit et au bon moment, sans forcer. J’arrive à vivre ainsi en me détachant des résultats escomptés, en mettant l’accent sur les états d’être, et j’évite de contrôler et de manipuler l’extérieur.

Si les choses ne se passent pas comme je l’avais espéré (ça arrive !), je reste calme et j’accepte inconditionnellement ce qui est là. J’accueille avec curiosité le cadeau de la situation. Le détachement et la paix s’installent. Pas tout le temps, non, mais de plus en plus souvent ! Ce qui prime pour moi, c’est mon aspiration à la paix intérieure plutôt que la satisfaction de mes désirs incessants.

Et vous, quelle est votre aspiration ?

En conclusion, une vie créée à partir de l’amour, de l’intérieur vers l’extérieur, sera un reflet parfait de la grandeur de ce que vous êtes !


Michèle Cyr
Coach, conférencière et auteure

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