Authentique Krystine St-Laurent


Photos Beaulien Lavoie photographe | Paru dans Mieux-Être, Édition Août 2018

Dans notre vie, sur notre chemin, il y aura toujours de ces personnes qui, par leurs valeurs, leurs idéaux, leur détermination et leurs réalisations nous inspirent. Malgré un parcours parfois difficile, des routes parfois sinueuses, elles réussissent à aller au bout de leur rêve, souhaitant laisser derrière elles un héritage riche et durable. 

Comment décririez-vous votre parcours et votre entreprise ?
Comme un parcours non traditionnel, tout, sauf une ligne droite. C’est difficile à croire aujourd’hui, mais lorsque j’ai fait ma demande pour suivre une formation en soins infirmiers, le programme était contingenté. Il y avait un surplus d’infirmières dans le réseau de la santé. Je me suis trouvée privilégiée d’être acceptée et de pouvoir poursuivre mes études dans ce qui me passionnait tant : l’humain, sa santé et sa grande fragilité face à la maladie. Devenue infirmière, j’ai travaillé dans différentes spécialités : soins intensifs, cardiologie, chirurgie, salles d’opération et de réveil, et même médecine de vol, pour ramener au pays des patients hospitalisés à l’étranger.

Je me rappelle que, dans mes premières années, alors que je travaillais aux soins intensifs, je souhaitais prendre soin des patients dont l’état était instable ou de ceux qui demandaient le plus de soins, afin de comprendre, entre autres choses, la façon dont le corps réagissait pour se maintenir en état d’équilibre (homéostasie). Insatiable, je posais mille et une questions sur les différentes options et les traitements que choisissait l’équipe en charge. J’ai été choyée de rencontrer des gens ayant le goût de partager leur expérience et leurs connaissances. À tout jamais, je leur en serai reconnaissante.

De fil en aiguille, je me suis retrouvée dans le milieu de la télémédecine, puis dans celui de la pharmaceutique, et j’ai travaillé comme infirmière en recherche clinique. J’ai constaté, au travers des expériences, que la science était en constante évolution et n’avait rien de final ou d’infus, qu’il y aurait toujours des données manquantes, des cadres de référence limités, des contextes sociopolitiques et économiques qui influencent la façon dont les données sont conduites, analysées, interprétées et appliquées. Autrement dit, j’ai compris le sens du mot « nuance », que tout n’est pas noir ou blanc, quel que soit le champ de compétence, et que les connaissances évoluent au fil du temps. La perspective historique est donc intéressante lorsqu’on regarde comment les façons de se soigner ont changé selon les époques.

À un certain moment, malgré le lot de défis et d’expériences que m’amenait mon travail, j’ai réalisé que je calculais de plus en plus fréquemment le nombre d’années qui me séparaient de ma retraite, un constat tout de même inquiétant puisque cette attitude était bien ancrée en moi avant même que j’aie atteint la quarantaine. Un changement de vie s’imposait pour moi.

J’ai commencé à m’intéresser au potentiel thérapeutique des plantes médicinales, puis à celui des huiles essentielles. Je savais que les végétaux composent la base d’une grande quantité de médicaments mis sur le marché par l’industrie pharmaceutique, et que le « matériel botanique » inspire les chercheurs dans le développement de molécules viables. Un monde extraordinaire s’ouvrait à moi : celui de la nature et de ses bienfaits.

Dès lors, ma bibliothèque de livres de référence a commencé à prendre du poids, avec l’ajout d’ouvrages portant sur la botanique, les plantes aromatiques, l’herboristerie, la santé globale, les huiles essentielles, l’agriculture, la permaculture, le jardinage biologique et, bien sûr, l’ayurveda. J’ai suivi différentes formations aux États-Unis et j’ai compris, à ce moment-là, que je ne cesserais jamais d’apprendre. Je sais maintenant que ma passion est de rendre accessible au grand public l’information concernant les façons de prendre soin de soi au quotidien.

Après plusieurs années de recherche dans différents coins de la province, j’ai déniché une terre agricole magnifique qui avait besoin d’amour et, surtout, d’une grande biodiversité. Ce fut un changement de vie majeur : j’ai quitté la métropole, mon milieu et mon emploi pour entrer dans l’inconnu. J’ai ainsi entamé ma transition vers une nouvelle vie qui, comme je l’espérais depuis si longtemps, serait peuplée de plantes, de campagne et de nature.

Grâce à cette terre, j’ai pu réaliser plusieurs rêves : créer des jardins de plantes médicinales et aromatiques selon les principes de l’agro-écologie ; concevoir des huiles infusées et d’autres produits de qualité à partir des plantes qui y sont cultivées ; partager mes connaissances par des ateliers et des conférences ; créer ma propre émission télévisée dédiée à l’alimentation, aux plantes, au bien-être, à l’ayurveda et à d’autres sujets connexes.

Dans quelles circonstances avez-vous l’impression d’être en pleine possession de vos moyens ?
À chaque matin, lorsque je me lève et que je remercie la vie de m’offrir en cadeau un autre matin pour partager ma passion, faire du bien, inspirer et partager l’importance de prendre soin de soi chaque jour.

Selon vous, quel est le plus beau mot de la langue française ?
Amour… c’est un langage universel.

Si vous deviez vous créer une devise, un credo, un mantra, qu’est-ce que ce serait ?
Avez-vous pensé à prendre soin de vous aujourd’hui ?

Quel est l’endroit le plus apaisant pour vous ?
La nature. Partout où l’on peut reconnecter avec elle.

De quoi avez-vous le plus peur ?
Mes peurs prennent de moins en moins d’espace dans ma tête. La méditation et mes rituels bien-être m’aident beaucoup. Par contre, la santé de la planète, elle, m’inquiète. Nous devons agir pour renverser la vapeur. Il faut réduire l’utilisation du plastique, qui se retrouve jusque dans les branchies des poissons dans l’océan. L’homme ne peut être aussi aveugle et poursuivre son petit chemin en pensant qu’il est tout seul.

Qu’avez-vous ou que devriez-vous avoir accompli pour pouvoir dire que vous avez réussi votre vie ?
M’être rendue où je suis aujourd’hui, avec tout le bagage acquis, les gens rencontrés, les expériences vécues (belles ou moins belles), tout cela a tissé la toile de qui je suis aujourd’hui, et je ne changerais rien à mon parcours.

Qui admirez-vous et pourquoi ?
Hubert Reeves et David Suzuki, pour leur souci d’éveiller les consciences humaines en rapport avec la santé de la planète. Ces deux hommes, bien qu’âgés de plus de 70 ans, continuent sans relâche leur tâches et leurs travaux pour allumer les consciences. Également Oprah Winfrey, une femme exceptionnelle, pour son leadership profondément humain et sa spiritualité inspirante. Il est donc possible d’être un leader tout en ayant les valeurs humaines et spirituelles bien en place.

Vous êtes dotée d’un précieux pouvoir… Quel est-il ?
Le partage d’une passion contagieuse.

Quelle qualité (trop ceci ou trop cela) vous empêche parfois d’avancer ?
Avoir envie de créer, ouvrir la porte à de multiples projets et devoir maintenir ce qui est déjà en place… est-ce que ça se peut, d’être trop passionnée ?

Sur quoi ne faites-vous aucun compromis ?
L’authenticité, autant pour mon mode de vie que pour les gens que je côtoie ou ce que je partage. Impossible pour moi d’être où je suis si je ne suis pas authentique, dans toute ma vulnérabilité, mon ouverture et mon leadership . 


Présidente et fondatrice d’Inspirata Nature par Krystine St-Laurent

Auteure de Nature & Ayurveda

Formatrice accréditée du programme Santé Parfaite — Ayurvedic Lifestyle, du Chopra Center (Deepak Chopra)

Détentrice d’un Master of Wisdom & Meditation, avec Davidji

Membre de l’équipe de santé globale du Monastère des Augustines

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