Ralentir le rythme et observer la nature


Par Krystine St-Laurent | Paru dans Mieux-Être, Édition Août 2018

J’aime vivre avec le rythme de la nature. J’adore ma campagne. Je la choisis et la rechoisis chaque jour.J’aime observer le silence de la nuit, et entendre, par surprise et en cadeau, le cri d’un hibou.

J’aime admirer les étoiles, tellement visibles loin des lumières artificielles des villes, nous rappelant notre place dans l’univers.

J’aime apercevoir la couleur bleutée du ciel à quatre heures du matin, lorsque le premier rayon de soleil touche notre hémisphère et que mon mental oscille entre l’envie de replonger dans le sommeil et celle de me préparer pour une méditation matinale.

J’aime respirer l’été et son abondance de petits fruits, observer la luminosité différente les matins à l’aurore, alors que les premiers rayons du soleil frappent sur la rosée du matin, offrant un spectacle unique.

J’aime toucher les différentes textures, sentir et reconnaître les différentes notes d’huiles essentielles libérées par une feuille lorsqu’on la presse délicatement entre nos doigts…

J’aime préparer un smoothie vert et y ajouter des pousses de trèfle, des jeunes feuilles de pissenlit ou de plantain, pour nourrir et cultiver ma vitalité et celle de mes invités.

J’aime élaborer une infusion spontanée avec les plantes qui entourent ma maison, après les avoir cherchées et cueillies le soir, à la lueur d’une lampe frontale, pour ensuite revenir avec mon petit panier rempli de trésors (camomille, mélisse, persil, basilic, achillée) qui sauront aider à digérer, à détendre le corps, à le préparer au sommeil et à redorer le blason de la tisane…

J’aime remarquer le caquètement de contentement de mes poules lorsqu’elles picorent du raisin frais ou des arilles de grenade, des pousses de plantain ou du trèfle, que l’on trouve spontanément dans le gazon lorsqu’on se donne la peine de baisser le nez…

J’aime rappeler l’importance de faire une grande place aux plantes sous toutes leurs formes, dans nos assiettes, en infusion et dans les rituels bien-être, pour nous aider à maintenir ou à retrouver un état d’équilibre, pour améliorer notre santé et prévenir l’apparition de déséquilibres -profonds.

J’aime constater à quel point la nature se régénère et se réinvente, d’une saison à l’autre, en nous montrant bien subtilement que tout est changement…

J’aime faire découvrir la sagesse de l’ayurveda, cette médecine ancestrale qui nous rappelle que : nous SOMMES la nature.

L’été, le temps de s’arrêter…
Est-ce que vous avez tendance à vous sentir coupable lorsque vous vous donnez le droit de vous déposer ? Est-ce qu’il y a une petite voix intérieure qui vous dit : la liste de choses à faire n’est pas complétée ? Je me suis souvent posé la question : de quoi avons-nous besoin pour nous permettre de prendre une petite pause, d’étendre nos pieds dans un hamac et de prendre le temps de lire un bon livre en nous étirant comme un chat au soleil ?

Peut-être avons-nous simplement besoin de nous en donner la permission ?

Car, comme je le dis souvent, si nous ne nous accordons pas le droit de nous arrêter, qui le fera à notre place ? Poser la question, c’est y répondre.

Un temps d’arrêt nous permet non seulement de recharger nos batteries, mais aussi de cultiver la paix, la vitalité, la joie de vivre, et d’avoir une énergie nouvelle pour faire face aux engagements, aux relations et aux aléas de la vie. Prendre une pause, c’est investir dans sa santé et son bien-être, car un esprit apaisé saura faire face aux différents défis qui se présentent sur sa route avec plus de joie, de calme et de discernement.

À l’opposé, si on refuse de ralentir, le corps s’épuise, les réserves d’énergie tombent dans le rouge et, inévitablement, des perturbations physiques, mentales ou émotives se font sentir. N’oublions jamais que tout est lié : la tête, le cœur, le corps et l’esprit.

Ralentir, c’est l’une des clés que propose l’ayurveda. Bien sûr, le téléphone intelligent n’existait pas à l’époque où l’ayurveda a pris naissance (il y a plusieurs milliers d’années), mais déjà, la surstimulation des sens était montrée du doigt comme un facteur aggravant les déséquilibres des doshas. En effet, la vue, l’ouïe et l’odorat sont des portes d’entrée pour des stimuli pouvant fortement déséquilibrer le dosha vata. Petit rappel : nous sommes tous constitués des trois doshas*, et vata a le pouvoir d’influencer à son tour les deux autres. En réduisant les stimuli visuels et auditifs et en utilisant la puissance de la respiration et de l’odorat pour s’apaiser, il est tout de même assez simple de revenir au moment présent, d’éliminer le superflu, pour favoriser la détente et le ressourcement.

Lorsque j’anime des retraites durant lesquelles j’invite les participants à méditer, à bien respirer, à bien manger, à dormir et à pratiquer l’automassage et le yoga en douceur, un changement se perçoit rapidement sur leur visage après seulement quelques heures… Si nous prenions une photo d’eux avant (à leur arrivée) et après leurs trois jours de retraite, les participants seraient stupéfaits de constater la différence. Les traits du visage s’adoucissent, les ridules s’estompent, les yeux deviennent plus lumineux, la vitalité est stimulée, et le goût de poursuivre dans cet art de vivre est bien présent.

L’été est le temps où nous pouvons profiter des journées les plus longues et nous laisser aller à écouter le son des cigales, à boire une infusion citron-mélisse-menthe aux petits fruits (voir recette ci-contre) et à observer la nature qui s’est déployée avec tellement de beauté et de générosité : il ne tient qu’à nous d’en profiter pleinement, un moment à la fois, et de nous rappeler que le bonheur se trouve aussi dans la plus grande simplicité.

Santé ! La Vie !


Extrait de Nature et ayurveda.
ST-LAURENT, Krystine. Chapitre Se reconnecter.
Les éditions de l’Homme, 2018.

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