Le collagène, un nutriment essentiel à notre santé !


Jean-Yves Leroux | Paru dans Mieux-Être, Édition Octobre 2018

Nous entendons parler de plus en plus du collagène comme produit naturel contribuant à garder la peau et les articulations en bonne santé. Mais qu’en est-il véritablement et en quoi le collagène se distingue-t-il des autres suppléments et médicaments ?

Pour commencer… voici une petite leçon d’histoire, ou de préhistoire, devrait-on dire. Le collagène représente l’une des plus anciennes molécules du monde vivant. Apparu il y a plus de 800 millions d’années, il a servi à la composition des premiers organismes simples constitués de plusieurs cellules tels que les métazoaires : éponges, hydres, anémones, vers… Le collagène a permis de relier des amalgames de cellules spécialisées pour ainsi former des tissus et des organes primitifs. Il est pour ainsi dire non seulement la colle ou le ciment, mais également la structure de soutien chez tous les animaux, y compris chez l’homme.

Du collagène ? Mais de quoi parle-t-on au juste ?
Le collagène est une glycoprotéine. Il est présent dans notre corps, dans tous nos tissus et organes, et il forme ce qu’on appelle le tissu conjonctif (ou le tissu de soutien). En excluant l’eau, le collagène représente 30 % des molécules du corps. C’est en quelque sorte le squelette chimique qui forme toute l’armature de notre corps et qui lui permet d’avoir la forme qu’il a, de façonner nos organes, notre système musculo-squelettique, notre système cardio-vasculaire, etc.

Le collagène est en réalité une famille de 28 molécules différentes que l’on qualifie de type I à type XXVIII. Le type I constitue environ 90 % du collagène dans notre corps. D’autre part, l’ensemble du collagène dans notre corps se présente sous forme fibrillaire (type I, II, III, V, XI et XXIV) et non fibrillaire. Les collagènes fibrillaires sont de grandes molécules qui se superposent pour former les fibres de collagène. Dans tous les cas, le collagène forme une triple hélice qui lui est propre et unique (un peu comme l’ADN). Il est riche en glycine et en proline. Certains acides aminés sont modifiés chimiquement grâce à la vitamine C afin de rendre la triple hélice plus stable.

Quel est son impact sur notre corps ?
En plus d’être la colle et le soutien des tissus et organes de notre corps, le collagène joue un rôle biomécanique au sein des tissus. Il est impliqué dans la réparation et la régénération des tissus par des contacts et signalisations cellulaires. Il contribue avec d’autres molécules à l’architecture, à la forme et au développement des tissus et organes ainsi qu’à la croissance de notre corps.

Où se retrouve-t-il ?
Le collagène dans la peau représente 90 % des protéines, et la façon dont les fibres sont intercalées vient donner à l’épiderme sa tonicité et son élasticité. Le collagène est en grande partie responsable de l’apparence de notre peau. En vieillissant, celle-ci devient plus flasque, et on voit apparaître des rides et des ridules. C’est la conséquence visible de l’effet des différentes agressions chimiques et physiques provenant de notre environnement, qui viennent altérer notre peau et détruire la fibre de collagène.

La fibre de collagène dans l’os (50 % des protéines) lui fournit la trame nécessaire pour que le calcium (phosphate de calcium) s’y dépose et qu’il donne à l’os la rigidité nécessaire au squelette.

Au niveau des cartilages, le collagène fibrillaire est tissé de façon plus serrée à la surface et moins serrée près de l’os. Le collagène représente une sorte d’acier, d’armature intimement liée à des molécules comme l’acide hyaluronique, la chondroïtine sulfate et la glucosamine (molécule qu’on appelle glycosaminoglycane), lesquelles représentent le mortier. Le tout forme un cartilage avec une surface lisse qui vient réduire le frottement de l’articulation (à l’image de ce que l’on peut observer entre un os de poulet et son cartilage). Cette structure permet aussi de résister aux forces de compression et de cisaillement. Le cartilage est ainsi un véritable amortisseur de choc humain et permet de conserver l’intégrité des os longs, qui seraient autrement friables dès que l’on pose le pied, en marchant ou en courant.

Les tendons (tissus qui se retrouvent au bout d’un muscle et qui le relient à l’os) et les ligaments (bandes élastiques stabilisant la jonction entre deux os longs) sont faits de fibres de collagène parallèles et très denses, permettant à ces tissus de résister aux forces de traction.

Le collagène se retrouve également dans les vaisseaux sanguins, venant former la base de leur architecture.

Que se passe-t-il quand on vieillit ou qu’on a certaines maladies comme l’arthrose ?
Lorsqu’on vieillit, nos cellules et notre tissu conjonctif s’altèrent. Les agressions chimiques causées par les déchets produits lors de la transformation de nos aliments ainsi que par toutes les formes de toxines présentes dans notre environnement, le tout couplé à l’effet des rayons UV et cosmiques, finissent par altérer l’intégrité de nos cellules. Les mécanismes de réparation s’avèrent également moins efficaces avec l’âge. Des bris dans la matrice de collagène s’accumulent. Son rôle de soutien s’atténue. La peau perd ainsi de son élasticité, et des rides apparaissent. Des phénomènes similaires se produisent dans tous les autres tissus de notre corps, y compris nos cartilages et nos os. On ne les voit pas, mais on finit par en ressentir les effets avec l’apparition, par exemple, de l’arthrose et de l’ostéoporose.

La nutrition pour nous venir en aide
C’est dans nos aliments que nous puisons nos sources de protéines et d’acides aminés. Ces derniers sont acheminés à travers le corps pour être métabolisés par les différentes cellules de nos tissus et organes, afin de pouvoir remplacer nos cellules et molécules (matrice) qui sont continuellement endommagées. Nous connaissons maintenant l’importance de l’apport de chaque nutriment, l’influence que chacun a sur la santé de notre corps ainsi que son impact sur la maladie ; prenons, par exemple, l’effet de la vitamine C sur le scorbut.

Nous avons appris au cours des dernières décennies que le collagène jouait un rôle majeur dans le processus du vieillissement. En fait, le collagène hydrolysé (le terme hydrolysé signifiant prédigéré par enzymes) est une source de protéines ayant exactement le bon profil d’acides aminés pour venir appuyer la nouvelle synthèse du collagène dans les tissus conjonctifs tels que la peau, les os, les cartilages, les tendons, les ligaments, etc.

De plus en plus d’études montrent que l’utilisation du collagène hydrolysé en supplémentation est bénéfique pour diminuer la douleur et l’inflammation, et pour améliorer la mobilité articulaire chez les personnes souffrant d’arthrose.

Le collagène sous une forme hydrolysée et pris oralement semble également jouer un rôle dans le processus de guérison des fractures osseuses, selon des études de laboratoire. Nous comprenons maintenant que le collagène hydrolysé (provenant de collagène de type I, par exemple) incite les cellules qui forment le cartilage à réassembler les chaînes de collagène et à former la matrice cartilagineuse, alors que d’autres protéines semblent moins efficaces pour effectuer ce processus.

En vue de cerner avec plus d’exactitude l’ampleur de l’impact du collagène dans les processus de réparation des tissus conjonctifs, davantage de recherches scientifiques et cliniques devront évidemment être menées.

Dans quels aliments en retrouve-t-on ?
Le collagène étant une protéine strictement animale, on le retrouve principalement dans la viande (bœuf, porc, volaille) et dans les poissons et crustacés. En consommant de la viande ou du poisson, on ingère ainsi un peu de collagène. Il est toutefois difficilement assimilé lors de la digestion. Puisque le collagène se retrouve en abondance dans la peau et les os des animaux, l’une des meilleures façons de l’extraire est de faire braiser des pièces de viande de second choix (ayant donc un surplus de tendons et de ligaments) ou des os (telle l’épaule de bœuf), ou encore de faire bouillir du poulet (avec la peau et les os, ou entier). Lorsqu’on conserve le bouillon au réfrigérateur, on peut constater sa gélification. Il est préférable d’enlever la couche de gras qui se trouve sur le dessus. On peut consommer la gelée qui se trouve sous cette couche de gras. La consommation de cette gélatine, soit du collagène dénaturé par la chaleur, est une façon toute simple d’intégrer du collagène dans notre alimentation. Un tel bouillon de collagène est particulièrement riche en nutriments.

L’avantage des suppléments
Il est vrai qu’on préconise d’abord une saine alimentation afin de garder une bonne santé, puisqu’elle devrait fournir l’ensemble des nutriments dont le corps a besoin. Mais il y a des cas où la purification, la concentration et la transformation de certains macronutriments deviennent nécessaires pour que notre corps puisse absorber et utiliser efficacement le collagène. On peut penser, par exemple, au lycopène des tomates, qui est mieux libéré du fruit et plus efficacement utilisé par le corps lorsque l’aliment est traité à la chaleur. Il en est de même avec le collagène. Nous obtiendrons de meilleurs résultats pour notre santé avec du collagène prédigéré en petits peptides, qui seront beaucoup mieux absorbés par l’intestin, comparativement aux grosses molécules de collagène qui se retrouvent dans notre alimentation et qui doivent passer par nos sucs gastriques et pancréatiques pour être dégradées, ne serait-ce qu’en partie. Ainsi traité, le supplément procure une meilleure absorption du collagène.

Le supplément de collagène a de plus un autre avantage : puisqu’il est d’une plus grande pureté que le collagène à l’état naturel, lorsqu’il est utilisé en traitement, il permet un meilleur contrôle de son apport et il fournit au corps une plus grande concentration d’éléments.

Un médicament ? Vraiment ?
Le collagène en supplément entre véritablement dans une bonne stratégie thérapeutique, car il vient appuyer les mécanismes naturels de réparation du corps. On peut donc considérer son utilisation comme un complément à l’arsenal thérapeutique actuel, dont l’objectif est avant tout de réduire l’inflammation et la douleur. Le collagène (ainsi que d’autres molécules telles que la glucosamine et la chondroïtine), comparativement aux médicaments traditionnels, vient également stimuler les mécanismes de réparation et aider au traitement en appuyant les voies naturelles de réparation du cartilage et d’autres tissus de l’articulation.

En consommer au quotidien
De toutes les protéines, le collagène demeure celle possédant le meilleur profil d’acides aminés pour renforcer le tissu conjonctif. Au même titre que les vitamines, minéraux et oligoéléments, le collagène est un super nutriment essentiel, si on considère les bienfaits qu’il nous apporte. Avant que notre corps l’exige, mieux vaut en prendre pour prévenir…


Jean-Yves Leroux, Ph.D. MBA
Président, Medelys Laboratoires International Inc.

www.medelys.ca