Les 3 clés d'une saison en toute vitalité


Krystine St-Laurent | Paru dans Mieux-Être, Édition Décembre 2018

La plupart d’entre nous ressentent, avec une plus ou moins grande intensité, le changement de luminosité qui survient à l’automne… Nous le savons, dès l’apparition des citrouilles et autres décorations d’Halloween, nous «gagnons» une heure, car nous reculons l’horloge d’une heure… mais le soleil se couche en fait beaucoup plus tôt. Par ailleurs, j’aime dire que les nuits rallongent — plutôt que de dire que les jours raccourcissent. Tout est une question de perspective!

Depuis toujours, l’humain dépend du soleil pour sa survie. Sa chaleur, sa lumière et son énergie sont essentiels à notre existence. Nous pouvons imaginer qu’avant l’arrivée de l’électricité (il n’y a qu’environ 100 ans) les gens rythmaient majoritairement leur vie en fonction des cycles de luminosité. Aussi, les histoires racontées par nos ancêtres au coin du feu font état des soirées passées en compagnie de la famille et des amis, à la lueur des bougies et des lampes à l’huile. Pas d’écrans, pas de tablettes, pas de télévisions, pas de lumière artificielle, pas de villes entières illuminées que l’on peut apercevoir de loin, de très loin. Et il semblerait que l’on se couchait… tôt.

De nos jours, tout est illuminé: nos chambres à coucher, nos espaces d’intimité, nos jardins. Non seulement les écrans de télé ont envahi nos salles de séjour, mais les ordinateurs, tablettes, téléphones intelligents et autres appareils électroniques accompagnent nos journées et, évidemment, nos soirées. Bien que cela puisse sembler anodin, ce bouleversement technologique vient profondément troubler l’équilibre délicat de la relation entre l’humain, ses rythmes biologiques et les cycles de la nature.

Selon l’ayurvéda (la branche médicale du yoga), adopter un rythme de vie synchronisé (le plus possible) avec les cycles de la nature constitue l’un des facteurs contribuant à une santé optimale et à une spiritualité nourrissante, et ce rythme de vie favorise la longévité (vivre plus longtemps, en santé).

Les recherches sur les différents rythmes biologiques permettent d’expliquer en partie l’insomnie, les effets physiologiques des décalages horaires ou même certains facteurs pouvant influencer la dépression1. Alors, que pouvons-nous faire concrètement pour nous «recadrer» avec la luminosité naturelle?

Je vous propose trois trucs pour cultiver votre vitalité et vivre le changement de saison en synchronisation avec la nature.

1. Préparer son corps au sommeil
Si vous allez au lit à 22h30, en novembre, il y a déjà cinq heures et demie que le soleil est couché. Durant les nuits les plus longues, pourquoi ne pas ajuster vos heures de sommeil pour aller au lit un peu plus tôt ? Exit les écrans et tablettes: optez plutôt pour un bon livre en version papier, dont vous vous délecterez après avoir pris un bon bain chaud aux huiles essentielles et au sel d’Epsom (voir la recette plus bas) combiné avec une séance d’automassage aux huiles infusées. Si vous sentez que votre corps et votre esprit sont apaisés vers 21h, 21h30, fermez les lumières et plongez dans un sommeil profond et réparateur.

2. Se lever avant 6 heures
Selon l’ayurvéda, se lever avant 6h peut s’avérer plus facile que de se lever après 6h. En effet, les heures comprises entre 2h et 6h sont dominées par le dosha vata, une énergie subtile qui facilite la sortie du lit. De plus, l’aube est un moment propice dans la journée pour méditer, car l’atmosphère de calme et de sérénité qui s’en dégage facilite l’intériorisation et la méditation.

3. Méditer le matin, même s’il fait noir
Commencer sa journée en méditant est plus que bénéfique pour la tête, le cœur, le corps et l’esprit. Les gens me disent souvent qu’ils n’ont pas le temps de méditer… Programmer la sonnerie du réveil 15 minutes plus tôt que l’heure habituelle pourrait être la solution. Non seulement la méditation permet de créer l’espace pour observer l’agitation de son mental et sa «météo» interne, mais elle permet aussi de «planter» les intentions de la journée. De plus, il a été démontré que le fait de méditer augmente non seulement la vigilance intellectuelle mais peut aussi réduire le besoin de sommeil.2


Extrait de Nature & ayurveda, par Krystine St-Laurent, aux Éditions de l’Homme, 2018
www.inspiratanature.com

Références
1. St-Laurent Krystine, Nature & Ayurveda, Editions de l’homme, 2018 344p.
2. Prashant Kaul, Meditation acutely improves psychomotor vigilance, and may decrease sleep need, Behavioral and Brain Functions, 2010, 6-47