Changez vos croyances limitantes pour changer votre vie


Bianca Piculeata | Paru dans Mieux-Être, Édition Février 2019

S’aimer ou ne pas s’aimer? L’acte de décider de s’aimer est un acte de courage. C’est affirmer que nous ne sommes plus dépendants de l’amour des autres, que nous nous prenons en charge, que nous reprenons notre pouvoir et que nous ne responsabilisons plus les autres pour nos malheurs.

Il faut prendre conscience que, comme certains d’entre nous ne s’aiment pas, cela peut s’avérer plus difficile. Il faut d’abord lever le voile sur la raison sous-jacente.

Je vous suggère de chercher à la source. Le non-amour de soi a ses racines dans l’attitude reflétée dans les paroles, les gestes, les actions de ceux qui ont pris soin de nous durant l’enfance (parents, etc.) et dans notre propre interprétation de ces circonstances ainsi que des événements de notre vie. Notre interprétation a eu un impact primordial sur notre inconscient. La notion universelle d’inconscient recouvre globalement tous les processus et activités psychiques qui, pour des raisons diverses, ne peuvent être ni perçus ni, à plus forte raison, contrôlés par la conscience.1

Notre vécu, de l’âge de 1 à 7 ans, a établi la base des croyances limitantes ou créatrices de potentiel que nous avons programmées à notre insu dans notre inconscient. Durant ces sept premières années de vie, le cerveau se comporte comme un disque dur «ouvert», qui engramme toutes les émotions liées aux expériences de vie. Ceci constitue l’apprentissage qui sera emmagasiné dans notre subconscient2. Des croyances limitantes que nous pouvons avoir acquises seraient par exemple: «Je ne mérite pas d’être aimé, je ne vaux rien, je ne suis pas assez ceci ou cela, je n’ai pas de valeur, je suis intrinsèquement mauvais, etc.»

L’impact des croyances sur notre vie
Une personne qui entretient des croyances limitantes attirera vers elle des circonstances et des personnes qui lui reflèteront ces mêmes croyances. Par exemple, un partenaire amoureux qui lui fera vivre le sentiment de non-importance, soit de ne pas être sa priorité, de ne pas se sentir aimée ou valorisée par lui. Et si elle a, après une rupture, l’occasion de rencontrer d’autres partenaires, ceux-ci réveilleront en elle les mêmes blessures: le fait de maintenir des croyances limitantes attirera à elle le même type de partenaire, lequel lui reflètera, tel un miroir, le bagage inconscient qu’elle porte à son insu.

Et c’est pour cela que nous avons l’impression, parfois, de vivre la même situation en boucle, mais avec un partenaire différent. Tout ceci nous ramène à cette conclusion: tant que nous n’arriverons pas à réaliser que les racines à la base de ces circonstances insatisfaisantes représentent des croyances limitantes et qu’il faudrait les déloger de notre inconscient, comme on déracine les mauvaises herbes d’un sol contaminé, nous tournerons en rond, telle une souris qui tourne sans arrêt dans sa roue.

Le conscient vs l’inconscient
Et le conscient dans tout ça? Eh bien, il est complètement ignorant, la plupart du temps, de ce qui se passe réellement! Et c’est en prenant conscience du pouvoir de notre inconscient sur notre réalité que le conscient reprend son pouvoir et peut décider s’il veut vivre la même expérience, sans changer les croyances génératrices de son malheur, ou bien s’il veut reprendre possession de son pouvoir et décider sur quelle nouvelle base de croyances il veut établir sa vie.

Et, de cette façon, nous reprenons le pouvoir sur ce qui nous arrive dorénavant, car nous réalisons l’impact puissant de l’inconscient sur les événements que nous attirons à soi.

L’acceptation de notre vécu émotionnel
En tant qu’enfant, nous avons fait le choix de survivre et avons fait de notre mieux dans les circonstances du passé. Nous devons nous pardonner et avons droit à notre peine, notre colère, notre chagrin ou notre deuil. Comment aurions-nous pu d’ailleurs, en tant qu’enfant, accepter qu’on nous aime de façon conditionnelle, qu’on nous punisse de façon cruelle, qu’on ne tienne pas compte de notre avis, qu’on nous fasse sentir non important ou même invisible ou abandonné par l’un, ou les deux, personnes censées nous sécuriser? Ceci est inacceptable pour un enfant, car, pour lui, sa sécurité même dépend de comment il perçoit son environnement. Pour ne pas perdre ses repères, l’enfant choisira de tourner cette responsabilité vers lui et choisira des croyances comme: «Je ne mérite pas d’être aimé, je n’ai pas de valeur, je ne suis pas important, je dois m’occuper des autres pour être aimé, quelque chose cloche avec moi, je dois travailler fort pour avoir de la valeur, etc.» Ceci fera en sorte que, à l’âge adulte, il continuera à s’abandonner pour être aimé, valorisé, accepté et reconnu par les autres.

Il faut donc prendre conscience aujourd’hui, en tant qu’adulte, que nous portons toujours en nous un enfant intérieur démuni, que nous sommes victime de nos croyances, lesquelles nous manipulent à notre insu, comme une marionnette par son maître. Et c’est en faisant cette prise de conscience majeure que le voile pourra être levé sur le pourquoi de nos malheurs et difficultés.

Changer réveille des peurs
Aujourd’hui, nous avons la possibilité de faire des choix différents et d’arrêter de nous punir à cause d’un mécanisme de survie de notre enfance; de choisir que nous méritons l’amour, le bonheur, la joie, le meilleur que la vie a à nous offrir. Tout cela, même si survient la peur de perdre, de dépasser les autres, d’être jugé, d’avoir à donner des explications lorsque nous nous choisissons, de nous retrouver sans repères, de recommencer à nouveau, de changer aux yeux des autres — avec tout ce que ça implique — et, surtout, d’enlever notre masque pour être enfin qui nous sommes réellement. S’aimer soi-même signifie d’abord se choisir en toute circonstance malgré la peur de perdre ou de décevoir.

L’enfant intérieur
Se choisir constitue l’option de prendre notre enfant intérieur par la main en lui disant: «À partir d’aujourd’hui, je suis là pour toi. Je ne t’abandonne plus, et tu seras ma priorité. Tu n’as plus à avoir peur de te sentir abandonné, seul et isolé, de sentir que tu n’es important pour personne ou que tu n’es pas en sécurité. Aujourd’hui, je te promets d’être présent pour toi chaque fois que tu auras besoin de moi, et cela, quels que soient tes besoins. Aujourd’hui, tu ne dépends plus de personne, je prends la responsabilité de ma vie, de ton bonheur ainsi que du mien. Dorénavant, j’ai le choix de m’aimer de façon inconditionnelle et je ne suis plus pris dans l’impuissance de mon enfance.»

En prononçant ces premières paroles d’amour envers soi et son enfant intérieur, nous reprenons notre pouvoir sur qui nous sommes, ce que nous désirons et ce que nous sommes prêts à faire et à perdre pour enfin satisfaire nos besoins, quels qu’ils soient. Si vous êtes de ceux qui s’adonnent à la méditation, je vous suggère, à la fin de votre séance, lorsque votre conscience est encore ouverte et réceptive aux suggestions, de faire cet exercice de reconnexion à votre enfant intérieur afin d’avoir un impact puissant sur votre inconscient et d’opérer le début d’une transformation intérieure.

Si nous blâmions, jusqu’à récemment, la vie, notre amoureux ou nos parents pour nos malheurs, par ce nouveau choix de reprendre notre responsabilité, nous prenons conscience que nous pouvons remercier notre enfant intérieur de nous avoir aidé à survivre, mais qu’à partir de maintenant, nous prenons le relais et nous assumons tout ce qui vient avec nos nouveaux choix. En inversant les rôles, l’adulte avisé et rationnel en nous prend le contrôle à la place de notre enfant intérieur, qui se sent souvent anxieux et impuissant, et nous devenons un parent plus aimant et bienveillant pour soi.

Nous arrivons ainsi à une belle conclusion: il n’y pas seulement le risque de perdre en nous choisissant, mais aussi la chance de créer une vie qui nous ressemble en enlevant le masque que nous avons fabriqué. Ainsi, nous nous créons une vie authentique, abondante, riche en expériences qui nous comblent, et nous nous entourons de gens qui nous aiment réellement et qui, par le miroir de ce qu’ils reflètent, nous rappellent que nous méritons d’être aimé sans condition pour qui nous sommes réellement. Notre identité est unique et irremplaçable.


Bianca Piculeata
Guide de transformation intérieure

biancapiculeata@gmail.com

Références
1. www.psychologies.com
2. www.sensorimotricité.org