Se libérer de la culpabilité


       

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Se libérer de la culpabilité

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Par: Marie Portelance

Se libérer de la culpabilité


Les faces cachées de la culpabilité toxique
Il n’est pas toujours évident de savoir qu’on se sent coupable. Étant donné que ressentir de la culpabilité est franchement désagréable, le psychisme s’organise pour éviter de la percevoir en utilisant différentes stratégies de défense contre elle.

En consultant la liste des faces cachées de la culpabilité toxique, vous pourrez voir si vous vous reconnaissez dans ces stratagèmes psychiques. Ultimement, ressentir la culpabilité toxique est encore une fois un signal à utiliser positivement, car celle-ci nous indique qu’un de nos besoins est insatisfait.

Comprenons que l’individu aux prises avec une culpabilité malsaine a souvent été culpabilisé et responsabilisé des malaises des autres, et qu’il reste avec une peur profonde que son « imperfection » lui fasse perdre l’amour des êtres significatifs pour lui. Comme personne ne peut éviter d’être à l’origine de malaises chez les autres, il ressent une impuissance angoissante à l’idée de ne pas contrôler le bien-être de son entourage. Il développe donc une façon de se contrôler (perfectionnisme, négation de ses besoins, etc.), de se punir de ses imperfections (jugement, autopunition, automutilation, sabotage, etc.) ou de contrôler les autres (prise en charge, excuses à outrance, etc.) pour éviter de faire face à son angoisse de fond, celle de ne pas être aimé ou d’être exclu.
À la lumière de cette explication, la culpabilité toxique agit donc comme un phare dans notre brouillard émotionnel, en nous rappelant que nous utilisons tous ces stratagèmes psychiques. Au fond, nous avons tous besoin d’être rassurés à l’effet que nous sommes aimés et aimables tels que nous sommes, même si nous sommes imparfaits et impuissants à soulager ou à éviter la douleur de nos proches. Simple à dire, mais comment faire pour se dégager d’un fonctionnement ancré profondément en soi ?
 

Les faces cachées de la culpabilité toxique

Pour ne pas ressentir la culpabilité, voici quelques comportements de défense que nous adoptons. En quoi vous reconnaissez-vous ?

  • Juger et culpabiliser les autres.
  • Ne supporter aucun reproche sans vous braquer et entrer dans une colère intense, ou sans vous fermer le cœur et vous retirer dans le silence et le ressentiment.
  • Être perfectionniste.
  • Posséder un sens excessif du devoir.
  • Être hyper responsable.
  • Vous accorder difficilement repos et plaisirs.
  • Ne poser aucune limite.
  • Ne pas exprimer vos besoins.
  • Être incapable de dire non.
  • Vous sentir à l’envers émotionnellement quand quelqu’un est mal autour de vous.
  • Prendre les autres en charge, à vouloir les sortir de leurs problèmes.
  • Vous excuser constamment.
  • Nier votre vécu ou vos besoins, pour éviter de déclencher des malaises chez l’autre.
  • Avoir une difficulté marquée à ressentir vos besoins et vos limites dans votre vie relationnelle.
  • Avoir des fonctionnements de saboteur à l’égard de vos projets ou de vos relations.
  • Vous dénigrer à la moindre imperfection, dès que l’autre est mal, vous détruire de l’intérieur, voire vous automutiler ou manquer de respect pour votre corps ou même avoir des idées suicidaires.
  • Etc.

Se libérer de la culpabilité toxique

  1. L’acceptation bienveillante
    Curieusement, la première étape pour se libérer de la culpabilité toxique est de l’accepter. En effet, lutter contre elle nous garde dans les fonctionnements défensifs énumérés dans le tableau ci-contre, tandis que l’acceptation nous offre une nouvelle option, celle de prendre soin de notre zone de vulnérabilité. 
    Accorder une attention bienveillante à notre culpabilité est le premier geste d’amour de soi qu’on puisse faire pour la soulager. Car c’est une fois qu’elle est reconnue qu’elle peut nous livrer son vrai message. Ce message n’est pas que nous ne sommes « pas corrects », mais que nous avons besoin de courage et de soutien pour nous libérer de la lourdeur de la responsabilité du bien-être des autres, que nous avons besoin de nous savoir aimés même si nos choix vont à l’encontre du contentement des autres, que nous avons besoin de paix intérieure face à nous-mêmes.
  2. Stopper l’auto culpabilisation
    « Je n’ai pas le droit de faire de la peine à ma famille. J’ai dû faire quelque chose de grave pour mériter ce qui m’arrive. J’aurais dû lui dire davantage de ne pas fumer, elle ne serait pas morte. »
    Le second geste d’amour de soi est de stopper le discours intérieur que nous alimentons à partir de notre imaginaire quand nous ressentons une culpabilité malsaine. Bien que ce soit difficile, il faut se servir de notre intelligence rationnelle pour être dans la réalité et éviter de croire ce discours. Le laisser se poursuivre, c’est s’autoculpabiliser et donc laisser croître ce qui nous fait du tort.
  3. Faire le deuil de notre surpuissance
    Entretenir la culpabilité toxique, c’est en quelque sorte, comme le dit Thalmann dans son ouvrage Au diable la culpabilité !, nous croire surpuissant parce que capable de contrôler nous-mêmes, les autres et la vie, afin que personne ne souffre autour de nous. C’est nous préserver de notre impuissance angoissante par rapport à ce que nous réservent la vie et la relation aux autres.
    Faire le deuil de notre surpuissance, c’est d’une part faire face à notre imperfection d’humain et, d’autre part, développer le courage de déplaire sans penser qu’on va se désagréger pour cause d’illégitimité si l’autre est mal avec nous.
  4. S’assumer et laisser à l’autre sa responsabilité
    En tant que personne aux prises avec de la culpabilité toxique, ce qui est le plus difficile pour moi est d’assumer la vraie personne que je suis et de laisser aux autres la responsabilité de leurs vécus et réactions, tout en affrontant ma peur de ne plus être digne de leur amour. Dire non à mes enfants, assumer mon besoin de faire certaines activités sans mon conjoint ou faire de la peine à mes parents en n’assistant pas à une fête de famille me demande plus de courage que d’accepter d’être ensevelie sous les attentes de tout le monde.

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