Se libérer de la culpabilité


       

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Se libérer de la culpabilité

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Par: Marie Portelance

Se libérer de la culpabilité

La culpabilité, quel ressenti pénible ! Que nous fassions affaire à la « culpabilité-émotion » qui ne dure que quelques minutes, ou à la « culpabilité-sentiment » qui s’incruste et nous habite en permanence de façon sourde, nous avons intérêt à aller à sa rencontre pour l’apprivoiser et pour nous en servir à bon escient; sans quoi elle nous submergera, nous mènera par le bout du nez et nous fera faire n’importe quoi de notre vie !

La culpabilité, une alliée ?
Malgré le malaise insupportable qu’elle peut susciter, nous avons intérêt à voir la culpabilité comme une alliée, car elle sert véritablement à quelque chose. Précisons d’abord qu’il existe une culpabilité toxique et une culpabilité saine. S’il est souhaitable de nous libérer de la première, la seconde est la gardienne de nos propres valeurs et de notre éthique personnelle et nous indique quand nous avons fait ou dit quelque chose qui nous place en désaccord avec nous-mêmes. Par exemple, si j’insulte mon conjoint lors d’une altercation avec lui et que je me sens coupable, cette culpabilité est tout à fait appropriée. En fonction de mon propre code moral et social, il en sera possiblement de même si je vole dans un magasin, si je mens à mon ami… Ressentir ce type de culpabilité nous signale que nous avons fait une faute qui a causé du tort et qu’il est nécessaire de changer notre comportement pour être en accord avec nous-mêmes. Ce qui apaise cette culpabilité saine, c’est de nous excuser.

Faute avouée est à moitié pardonnée
Certaines personnes croient se rabaisser en s’excusant. Pourtant, cette démarche permet de nous libérer de notre culpabilité et de retrouver la paix intérieure, parce qu’elle nous permet de retrouver l’harmonie avec nos valeurs. Deux conditions sont toutefois essentielles pour atteindre cet objectif : assumer complètement notre part de responsabilité et ne pas avoir d’attentes par rapport à l’autre.

Cependant, s’excuser pour tout peut être un des symptômes d’une personne qui est aux prises avec une culpabilité toxique.

 

Des excuses efficaces devraient comporter les actions suivantes.

  • Dire exactement pourquoi on s’excuse. « Je m’excuse pour hier », c’est trop vague.
    « Je m’excuse de ne pas avoir tenu ma promesse hier. »
  • Écouter ce que l’autre a ressenti, même si on le sait déjà.
  • Exprimer notre sensibilité en regard de ce que l’autre a vécu. « Je suis désolée de t’avoir déçu et je comprends que tu sois en colère. »
  • Assumer totalement la responsabilité de notre comportement. Éviter les justifications telles que : « C’est parce que toi tu avais été désagréable avec moi dans la journée. »
  • Proposer une réparation. L’écoute et la sensibilité sincère peuvent servir de réparation. Parfois, si on a dénigré l’autre, on peut écrire un mot rehaussant son estime. Si on a brisé quelque chose, on le remplace.

La culpabilité toxique
La culpabilité toxique est démesurée et irréelle parce qu’elle s’applique à ce dont nous ne sommes pas responsables. La personne s’estime fautive à tort, par exemple, en se sentant coupable de gagner plus d’argent que ses frères, de ne pas avoir été présente lors du décès d’un parent, de s’amuser alors que d’autres travaillent, etc. En réalité, quand nous ressentons ce type de culpabilité, c’est que nous avons la certitude d’être responsables du vécu, des attentes, des limites et des besoins des autres, qu’ils soient réels ou imaginés. En effet, mes frères sont-ils nécessairement brimés si je gagne plus d’argent qu’eux ? Comment savoir si mon parent a vraiment souffert que je ne sois pas là quand il est décédé ? C’est trop souvent à partir de nos interprétations que nous nous ravageons l’intérieur.

De plus, nous mêlons parfois le fait d’être à l’origine d’un vécu désagréable pour l’autre avec le fait d’être responsable de ce vécu. Ainsi, si je choisis de dire non à mon enfant qui me demande d’inviter un ami à coucher, je suis le déclencheur de sa tristesse et de sa déception, mais non le responsable.

Le danger avec cette culpabilité est de nous occuper constamment du bien-être des autres en priorité, en négligeant de tenir compte de nos besoins et de nos limites. Nous devenons alors comme des marins dont la boussole indiquerait toujours une autre direction à prendre que celle où ils souhaitent véritablement aller. Notre vie devient menée par notre culpabilité et non par nos besoins. En plus, ces manoeuvres se font très fréquemment sans que nous en soyons conscients, puisque la culpabilité prend plusieurs visages.

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