Mieux 
vivre la traversée des grands changements


       

Copier/Coller le code suivant à l'endroit voulu

Vous êtes sur le point d'acheminer cet article à un ami :
Mieux 
vivre la traversée des grands changements

 Les champs marqués d'un astérisque sont obligatoires.

Marie Portelance

Mieux 
vivre la traversée des grands changements

«Il n’existe rien de constant si ce n’est le changement», nous le rappelle cette citation de Bouddha. La vie n’est pas statique, elle est mouvante. La vague monte et inévitablement elle descend, avant de remonter à nouveau…

Il y a des périodes de nos vies où nous devons faire face à des changements. Qu’on les ait choisis ou pas, qu’ils soient grands ou petits, tristes ou joyeux, prévus ou non, ces passages qui nous demandent de quitter la rive du connu pour se rendre sur une autre rive plus ou moins inconnue, génèrent nécessairement du stress. En effet, pour passer d’une rive à l’autre, il faut se mouiller, parfois contre notre volonté, patauger, prendre quelques bouillons, naviguer de jour comme de nuit, accepter qu’on ne contrôle pas les tempêtes ou les vagues laissées par les bateaux des autres. Dans ce processus rempli de sources d’insécurité, il est normal que nous ressentions une panoplie d’émotions parfois intenses, parfois paradoxales, et que nous ayons des réactions fortes. 

Le besoin de sécurité ébranlé
L’enfant qui décide de quitter le bord de la piscine pour aller de l’autre côté, le fait en ayant la sécurité que ses flotteurs le gardent à la surface, que son parent le tient solidement, que quand il bouge les bras, il avance. Il cherche sa sécurité dans ses relations, son environnement, sa confiance en lui. Ce qui lui est prévisible lui servira d’appui quand il fera face à l’imprévisible et au nouveau. L’adolescent et l’adulte fonctionnent de la même façon. Tous les êtres humains ont besoin de sécurité pour avancer.

Le changement, bien qu’il ait un aspect novateur et enthousiasmant, crée de l’instabilité. C’est une rupture à un attachement, une rupture d’équilibre qui provoque une perte de repères. Il est donc normal que selon le changement et selon notre expérience de vie, nous vivions de l’insécurité, des peurs diverses, du stress, des angoisses, même au point d’en être parfois très déstabilisé. Les émotions vécues ne sont pas un signe de faiblesse, mais une conséquence normale de cette période d’adaptation. S’il faut du courage pour la traverser, on n’a pas à se montrer fort et invulnérable, au contraire. La reconnaissance et l’accueil de nos émotions sont un signe de notre capacité à faire face en étant en connexion avec nous-mêmes et un atout extraordinaire pour réussir notre traversée.

Le choc puis la résistance
Le premier grand changement dans ma vie fut lorsque, quand j’ai eu 13 ans, mes parents, mes 3 jeunes frères et moi sommes déménagés de Rigaud à Paris pour 3 ans. Cette expérience, si elle m’a marquée positivement et à jamais, fait également partie des plus douloureuses de mon existence. Je l’ai vécue comme un déracinement, j’ai mis 2 ans à m’adapter complètement et retrouver une paix et toute ma stabilité intérieure. Cette adaptation, comme celle après chaque naissance de mes enfants, celle de ma promotion inattendue au travail, celle de ma séparation, s’est vécue par étapes; les premières ayant été beaucoup plus intenses émotionnellement que les dernières.

On comprend aisément et avec empathie le choc provoqué par un évènement subit comme la mort inattendue d’un proche, l’annonce d’une maladie, le congédiement imprévu et les réactions de résistance au changement que ce genre de drame peut engendrer. Toutefois, il ne faut pas croire que les changements prévus depuis longtemps (comme un déménagement, notre retraite) ou ceux choisis (comme la naissance d’un enfant, d’un changement d’emploi) nous exemptent de passer les étapes du choc et de la résistance qui peuvent être assez douloureuses.

Les émotions, c’est normalet sain dans chaque étape du processus
Je me souviens encore de ma sensation de perdre tous mes repères en arrivant dans la Ville Lumière. Je peux vous dire que j’ai mis très longtemps avant de comprendre pourquoi on avait donné ce nom à cette ville qui me semblait sale, polluée, aucunement lumineuse, dans laquelle je me sentais comme dans un cauchemar. Trop d’autos, trop de monde, trop de mots, trop de différences, trop de musées. Où étaient mes amis, ma grande maison, ma chambre, mon spaghetti sauce à la viande, les sourires des voisins? Dans les premiers jours, j’ai ressenti un vertige puis, une boule de feu d’angoisse a pris naissance dans mon plexus solaire et a duré pendant plus de 6 mois. J’avais la sensation que tout s’écroulait et que je n’arriverais jamais à avoir la force de passer au travers cette épreuve. J’ai vécu de la colère face au fait de ne pas contrôler tout, la vie, les autres, le temps. J’ai tellement espéré que mes parents n’aiment pas Paris et nous ramènent tous au Québec. J’ai boudé ma mère le plus souvent possible au début! J’ai résisté au changement par peur, par sensation de mal-être, par douleur insoutenable face aux pertes. La peine, l’impuissance, la frustration, l’incroyable sentiment de vide étaient omniprésents. Je me sentais perdue, souvent au bord des larmes, ou en larmes, désespérée, très anxieuse. 

On pourrait croire que ces émotions étaient vives parce que j’étais adolescente, mais j’ai eu les mêmes les premiers mois suivant une promotion que j’ai eue au travail puis encore au début de mon divorce; et c’est normal quand on vit de grandes turbulences dans notre stabilité. Bien sûr, dépendamment de l’ampleur du changement, de ce qu’il représente pour nous, de notre personnalité, de nos expériences de vie, du contexte, notre vécu sera plus ou moins intense et ressenti de façon unique; et ce qui en déstabilise un ne déstabilise pas l’autre. Quoi qu’il en soit, nos émotions doivent être accueillies légitimement.

Être soutenu et écouté
Ce qui m’a vraiment aidée dans mon plus récent changement, c’est que mes émotions ont été plus fortes que ma résistance à les contenir. J’ai donc pu les extérioriser, les pleurer aussi souvent qu’elles se pointaient le nez, et ce, en relation avec des personnes de confiance; ma famille, mes amis et ma thérapeute ont été d’un très grand soutien et je ne les remercierai jamais assez de leur accueil chaleureux et sans jugement. Il est essentiel d’être bien entouré et de sortir de l’isolement.

Prec

PARTENAIRES

Partenaire
Partenaire
Partenaire
Lexis Média inc.
1428, rue Montarville, bureau 202, Saint-Bruno-de-Montarville (Québec) J3V 3T5
T +1 514 394-7156
Gouvernement du Canada
© 2017 - Tous droits réservés - Lexis Média inc.
Design graphique, programmation et hébergement: VisionW3.com