Le miracle de la patience


       

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Le miracle de la patience

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Par Marie Portelance

Le miracle de la patience

Le cours de physique à l’école a toujours été synonyme d’enfer pour moi. J’adorais l’école et les études, mais le résultat de mon premier examen de physique reste gravé en moi dans la section des mauvais souvenirs. Par contre, un de mes plus doux souvenirs est celui de la soirée complète que mon père a passée avec moi la veille de mon deuxième examen de sciences physiques. Car ce soir-là, j’ai vu s’accomplir le miracle de la patience.

Javais obtenu une note de 40% pour le premier examen. Pour une première de classe comme moi, c’était l’humiliation. Pourtant, j’avais étudié. Je pensais même avoir compris. Cependant, je me demandais à quoi cela me servirait dans la vie de comprendre et de calculer les forces des poulies simples, doubles et triples. À quoi bon perdre tant de temps à apprendre des choses si inutiles pour moi, pensais-je?

Vous devinez que j’étais adolescente à l’époque. À la veille de mon deuxième examen, voulant éviter à tout prix le sentiment d’humiliation que j’avais vécu au premier, je pleurais de rage seule devant mes formules de physique. Je me souviens de la tension insoutenable qui me tordait l’intérieur. Ce mélange de révolte et d’envie de tout laisser tomber cohabitait avec mon sens du devoir et mon sentiment d’incompétence. Au fond de moi s’affrontaient ma volonté de réussir et de me dépasser, et mon envie de m’avouer vaincue et pas à la hauteur.

Seule devant mon livre de physique, je me sentais dans un cul-de-sac. Pour me libérer de cette tourmente intérieure, mon réflexe a été de sortir de ma chambre et d’aller voir mes parents. Secrètement, je le confesse, j’espérais inspirer assez de pitié pour qu’ils me libèrent de mon sens du devoir et qu’ils me permettent d’arrêter le combat. Je rêvais qu’ils m’autorisent à être «nulle» en physique, qu’ils m’accordent ce répit auquel j’aspirais. Ils ont fait mieux.

Ils m’ont écouté pleurer ma rage, mon sentiment d’être démunie et mon découragement. Ils m’ont laissé dire tout ce que je pensais de mal des poulies et toutes mes critiques à l’égard des sciences physiques. Ils ne m’ont pas interrompue ni regardée comme si ce que je disais était banal ou inadéquat. Ils m’ont témoigné leur foi en moi. Pour m’exprimer sa confiance, mon père, plus fort en la matière, m’a offert de m’aider. Changeant tout naturellement son programme de la soirée, il s’est installé avec moi et il m’a expliqué toutes les formules avec patience et plaisir, recommençant ses explications inlassablement jusqu’à ce que je comprenne. Jamais, à travers ses yeux, ses attitudes ou ses paroles, je ne me suis senti une incapable. Quand je lui disais que je ne comprenais pas, il me répondait calmement: «C’est sûr que tu vas finir par comprendre. Écoute, je vais te l’expliquer autrement.»

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