Ne laissez pas la culpabilité mener votre vie


       

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Ne laissez pas la culpabilité mener votre vie

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Marie Portelance | Paru dans Mieux-Être Édition 78

Ne laissez pas la culpabilité mener votre vie

La culpabilité, quel ressenti pénible ! Ai-je fait assez pour l’autre ? Suis-je correct dans cette situation ? Dois-je m’oublier complètement si une personne proche de moi est malade ? Si je prends soin de moi, suis-je coupable, ingrat, insensible ? Que nous fassions affaire à la « culpabilité-émotion » qui ne dure que quelques minutes ou à la « culpabilité-sentiment » qui s’incruste et nous habite en permanence de façon sourde, nous avons intérêt à aller à sa rencontre pour l’apprivoiser et pour nous en servir à bon escient; sans quoi elle nous submergera, nous mènera par le bout du nez et nous fera faire n’importe quoi de notre vie !

La culpabilité, une alliée ?

Malgré le malaise insupportable qu’elle peut susciter, nous avons intérêt à voir la culpabilité comme une alliée, car elle sert véritablement à quelque chose. Précisons d’abord qu’il existe une culpabilité toxique et une culpabilité saine. S’il est souhaitable de nous libérer de la première, la seconde est la gardienne de nos propres valeurs et de notre éthique personnelle et nous indique quand nous avons fait ou dit quelque chose qui nous place en désaccord avec nous-mêmes. Par exemple, si j’insulte mon conjoint lors d’une altercation avec lui et que je me sens coupable, cette culpabilité est tout à fait appropriée. En fonction de mon propre code moral et social, il en sera possiblement de même si je vole dans un magasin, si je mens à mon ami, si j’arrive en retard à un rendez-vous, si j’ignore systématiquement un proche malade… Le ressenti de ce type de culpabilité nous signale que nous avons fait une faute qui a causé du tort ou qui ne tient pas compte de nos valeurs face à l’autre et qu’il est nécessaire de changer notre comportement pour être en accord avec nous-mêmes et respectueux des autres. Ce qui apaise cette culpabilité saine, c’est de nous excuser et de réparer notre faute quand c’est possible.

Faute avouée à moitié pardonnée

Certaines personnes croient se rabaisser en s’excusant. Pourtant, cette démarche permet de nous libérer de notre culpabilité et de retrouver la paix intérieure parce qu’elle nous permet de retrouver l’harmonie avec nos valeurs. Deux conditions sont toutefois essentielles pour atteindre cet objectif : assumer complètement notre part de responsabilité et ne pas avoir d’attentes par rapport à l’autre.

- Des excuses efficaces devraient comporter les actions suivantes :

- Dire exactement pourquoi on s’excuse. « Je m’excuse pour hier », c’est trop vague. « Je m’excuse de ne pas avoir tenu ma promesse hier. »

- Écouter ce que l’autre a ressenti même si vous le savez déjà.

- Exprimer notre sensibilité face à ce que l’autre a vécu. « Je suis désolée de t’avoir déçu et je comprends que tu sois en colère. »

- Assumer totalement la responsabilité de notre comportement. Éviter les justifications telles que : « c’est parce que toi tu avais été désagréable avec moi dans la journée ».

- Proposer une réparation. L’écoute et la sensibilité sincère peuvent servir de réparation. Parfois, si on a été dénigrant, on peut écrire un mot rehaussant l’estime de l’autre. Si on a brisé quelque chose, on le remplace.

Cependant, s’excuser pour tout peut être un des symptômes d’une personne qui est aux prises avec une culpabilité toxique.

La culpabilité toxique

La culpabilité toxique est celle qui est démesurée et irré-elle parce qu’elle s’applique à ce dont nous ne sommes pas responsables. La personne s’estime fautive à tort, par exemple, en se sentant coupable de gagner plus d’argent que ses frères, de faire garder son enfant, de ne pas avoir été présent lors du décès d’un parent, de s’amuser alors que d’autres travaillent, de prendre du repos ou de faire une activité récréative plutôt que de s’occuper une 7e journée de suite de son parent malade, etc. En réalité, quand nous ressentons ce type de culpabilité, c’est que nous avons la certitude d’être responsables du vécu, des besoins, des attentes et des limites des autres qu’ils soient réels ou imaginés. En effet, mes frères sont-ils nécessairement mal que je gagne plus d’argent qu’eux ? Comment savoir si mon parent a vraiment souffert que je ne sois pas là quand il est décédé ? Suis-je réellement responsable du sentiment de solitude de mon proche malade si je prends un peu de temps pour moi ? C’est trop souvent à partir de nos interprétations que nous nous ravageons l’intérieur.

De plus, nous mêlons le fait d’être à l’origine d’un vécu désagréable pour l’autre avec le fait d’être responsable de ce vécu. Aussi, si je choisis de dire non à mon enfant qui me demande d’inviter un ami à coucher, je suis le déclencheur de sa tristesse et de sa déception, mais non le responsable. Si je choisis parfois de sortir avec ma copine au lieu de passer l’après-midi à l’hôpital avec mon parent hospitalisé, je suis peut-être le déclencheur de sa déception et de son ennui, mais je n’en suis pas le responsable.

Le danger avec cette culpabilité est de nous occuper constamment du bien-être des autres en priorité en négligeant de tenir compte de nos besoins et de nos limites à nous. Nous devenons alors comme des marins dont la boussole indiquerait toujours une autre direction à prendre que celle où nous souhaitons véritablement aller. Notre vie devient systématiquement menée par notre culpabilité et non par nos besoins et nos désirs. En plus, ces manœuvres se font très fréquemment sans que nous en soyons conscients puisque la culpabilité prend plusieurs visages.

Les faces cachées 
de la culpabilité toxique

Il n’est pas toujours évident de savoir qu’on se sent coupable. Étant donné que ressentir de la culpabilité est franchement désagréable, le psychisme s’organise pour éviter de la percevoir en utilisant différentes stratégies de défense contre elle. En consultant la liste des faces cachées de la culpabilité toxique, vous pourrez voir si vous vous reconnaissez dans ces stratagèmes psychiques. Ultimement, ressentir la culpabilité toxique est encore une fois un signal à utiliser positivement, car elle nous indique qu’un de nos besoins est insatisfait.

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