S'aimer, malgré ses souffrances


       

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S'aimer, malgré ses souffrances

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Par Colette Portelance | Paru dans Mieux-Être, Édition Juin 2018

S'aimer, malgré ses souffrances

S’il est un mot tabou que la plupart des gens évitent de nommer, c’est bien le mot «souffrance», comme ce l’était avant Freud pour le mot «sexe». Nous pouvons dire que nous avons un cancer, que nous avons perdu un être cher, que nous avons été viré, que nous sommes en congé de maladie pour cause d’épuisement professionnel, mais nous ne nous sentons pas à l’aise d’exprimer la souffrance sous-jacente à ces épreuves.

La vérité, c’est que la souffrance fait peur. Nous cherchons à la fuir plutôt qu’à l’accepter. Nous ne voulons pas souffrir, ce qui est très normal. Aussi, quand nous parlons de nos épreuves, nous nous limitons la plupart du temps à raconter les faits qui les entourent ou à blâmer nos déclencheurs. Nous manifestons rarement la douleur psychique qui nous habite, et ce, pour deux raisons importantes. La première réside dans le fait que la plupart d’entre nous sont très mal à l’aise avec les émotions douloureuses, autant les nôtres que celles des autres. Il est donc très difficile de trouver quelqu’un capable de nous écouter et d’accueillir notre souffrance sans la réprimer puisque nous ne le faisons pas pour nous-même. Nous ne laissons donc émerger notre peine, notre tristesse et notre découragement que dans des lieux isolés comme la chambre à coucher, la salle de bain ou quelque part dans la nature, là où personne ne peut nous voir ni nous entendre.

La deuxième raison pour laquelle nous n’extériorisons pas nos émotions désagréa­bles est que nous avons honte de notre vulnérabilité et peur de la dévoiler. Nous la jugeons sévèrement comme étant une faiblesse. Nous ne l’acceptons pas parce que nous croyons que nous montrer vulnérable, c’est avouer notre fragilité et risquer d’être blessé davantage. Cette honte et cette peur s’expliquent facilement: devant la réaction défensive bien inconsciente de ceux à qui nous avons révélé notre sensibilité dans le passé, nous nous sommes probablement senti encore plus seul et plus abandonné qu’avant de nous livrer.

Pourquoi refouler?
Cette réalité nous explique pourquoi des personnes proches de nous physiquement sont parfois loin psychologiquement. Au lieu d’accueillir réciproquement nos émotions douloureuses, nous y répondons par la banalisation, le conseil, la rationalisation, la morale, la généralisation, la théorisation, le jugement, la projection de nos propres expériences, la thérapie sauvage, la prise en charge ou la fuite. Pour ne pas ajouter les sentiments de rejet, d’abandon, d’incompréhension ou de culpabilité à la souffrance déjà vécue, nous la réprimons. Ce faisant, nous nous créons petit à petit des malaises physiques ou psychiques ou des problèmes relationnels qui nous forcent à accueillir, à apprivoiser et à accepter un jour les contenus de la caverne de nos refoulements.

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