Karine Champagne créer un monde à sa mesure

Entrevue

Quand on lui demande comment va la vie ces temps-ci, Karine Champagne répond avec un aplomb qui ne laisse aucun doute : magnifique et phénoménale, rien de moins. Choyée, heureuse et reconnaissante, des mots qui représentent parfaitement celle qui pose aujourd’hui un regard bienveillant sur son quotidien. Pour cette âme qui a souffert de dépression et qui a choisi de faire de cette maladie un rite de passage, la vie est pleine de surprises. Même quand elle nous envoie des bombes, il y a toujours quelque chose de bon qui se cache derrière tout ça. Karine déballe la vie, un cadeau à la fois, et n’a pas peur de dire : « Encore plus, s’il vous plaît ! »

Quel chemin parcouru depuis le 2 janvier 2015, moment où Karine décide de se choisir et de sauter à pieds joints vers l’inconnu ! Cette femme — et mère — adorait animer à LCN matin ainsi qu’à TVA Sports, mais elle se voyait ailleurs. En donnant sa démission, elle se délivrait de tout ce poids qui l’empêchait d’être, tout simplement. « Quand je regarde derrière moi, le bilan que je fais est le suivant : je suis fière d’avoir été audacieuse dans mes choix, sans égard à ce que tout le monde pouvait dire ou penser. La liberté d’esprit est la chose qu’on devrait préserver et chérir le plus au monde. » À l’époque, Karine avait l’impression de tourner en rond, comme si elle avait fait le tour sa propre vie. Elle refusait de croire qu’elle se sentirait ainsi encore bien longtemps. Elle devait se rapprocher de ses convictions, de ses valeurs et de ses propres énergies. « J’ai tellement de joie et de bienveillance face à tout ce que j’ai pu accomplir. J’ai réussi à quitter un monde qui ne me convenait plus et à m’en créer un sur mesure pour moi. »

Pour certains, sauter dans le vide est extrêmement grisant, mais pour d’autres, cela peut devenir infiniment anxiogène. Abandonner la stabilité et ne pas connaître de quoi sera fait demain, ce n’est pas pour tout le monde. « Je n’ai jamais fait la promotion de ma démarche à qui que ce soit. Mon chemin n’est pas celui des autres, et c’est infiniment important de respecter ces différences. Pour ma part, je ne me souviens pas d’avoir eu peur ou même de douter face à mes choix. Les craintes ne sont pas réelles, elles ne servent qu’à nous maintenir à la même place et à nous empêcher de bouger. »

Et si sa carrière de conférencière n’avait pas fonctionné, et si le public n’avait pas été au rendez-vous, et si… ? Pour Karine, l’important était d’essayer. « On ne se trompe jamais en essayant. Par contre, le résultat peut être infiniment différent de celui qu’on s’était imaginé. Et puis ? Qu’est-ce que ça fait ? Quoi d’autre est possible ? Quel chemin puis-je tenter d’emprunter maintenant ? Savoir ce qu’on ne veut plus est primordial dans une telle démarche. Après, il n’en tient qu’à nous. Il ne faut jamais perdre de vue ce pour quoi on fait tous ces changements. »

En se choisissant, Karine faisait un pied de nez aux antidépresseurs, renonçait à être une employée aigrie et pleine de frustrations. Partir était la solution. Se découvrir ailleurs était devenu le moteur de son existence. « Je suis partie à ma rencontre. Cette capacité à percevoir les énergies, à entendre les réponses, je m’en savais capable, mais je ne m’en donnais pas le droit. Je savais que je possédais le don de la communication, mais j’ai vite réalisé que ça allait bien au-delà des simples mots. Avant, je lisais les nouvelles avec ma tête, j’étais très cartésienne. Jamais je n’aurais pu me douter que j’avais en moi la capacité de lire des formes énergétiques ou télépathiques. »

Arriver à se réaliser est beaucoup plus simple qu’on ne le croit. « Pour y parvenir, ce n’est pas sorcier. Il faut constamment se questionner pour arriver à faire remonter les réponses. Il y a une grande différence entre trouver la réponse et faire sortir la réponse. Par exemple, qu’est-ce que ça prend en ce moment pour que je sois bien ? Il faut prendre le temps d’y penser réellement et non d’y répondre de manière automatique. Pour bien des gens, je suis difficile à suivre, car je me donne le droit de changer d’idée autant de fois que je le désire. L’objectif n’est pas qu’on me suive, mais plutôt que je sois en accord avec moi-même. » Pour Karine, il n’y a jamais de bonnes ou de mauvaises réponses, il n’y a que des choix.

Le développement personnel, c’est le travail d’une vie ! Cette phrase donne des nausées à celle qui s’efforce de mettre le plaisir au centre de tout. « Pourquoi faudrait-il souffrir même dans la quête d’un mieux-être ? Voyons, c’est insensé ! On devrait toujours se poser la question : de quelle façon puis-je m’assurer d’avoir le plus de plaisir possible chaque jour de ma vie ? Comment puis-je faire pour avoir une vie orgasmique ? Comment puis-je être aussi heureuse ? En créant de mes mains ce bonheur, en renonçant à tous les paradigmes que j’aurais dû suivre. Sortir du cadre est toujours enrichissant et épanouissant. »

Le jugement est certainement l’arme la plus destructrice dans une démarche de changement. « Je fais des jeûnes de jugement pour arriver à me défaire de cette drogue. On se juge pour tout et pour rien et, croyez-moi, je n’y échappe pas. Parfois, quand je me laisse envahir par un jugement, je ressens comme un choc dans tout mon corps, comme un signal d’alarme dont je saisis vite la source. C’est à ce moment que je dois faire entrer la bienveillance. C’est tout un entraînement que d’apprendre à maîtriser sa conscience. Se donner le droit d’être imparfaite et se donner le droit à l’erreur, c’est vital. »

Ces dernières années, Karine est devenue facilitatrice certifiée d’Access Consciousness. C’est une modalité qui existe depuis près de 30 ans, mais qui a fait son entrée au Québec depuis peu. « Devenir coach de vie m’a forcée à me questionner sur mes propres jugements. Combien de fois ai-je choisi de contenir mon énergie pour ne pas déranger les autres ? Combien de fois ai-je pensé avoir pris du poids en minimisant tout le jugement extérieur que je portais sur mes épaules ? Cette vision erronée qu’on a trop souvent de soi peut se transformer sous nos yeux et bien plus facilement qu’on ne le croit. Faire les bons choix, se voir tel qu’on est et, surtout, arrêter de vouloir faire plaisir aux autres, c’est certainement un bon début vers le changement. »

Karine se réjouit de voir, collectivement, cette volonté grandissante à tendre vers l’équilibre. « Pour moi, le mieux-être, ce n’est pas une modalité, une tendance ou un enseignement qui me dictera une pensée à suivre au détriment de la mienne. C’est plutôt des questions qui me permettront d’être bien aujourd’hui, au moment présent. Est-ce de méditer, nager, lire ou regarder un bon film ? Être capable de dire non et faire disparaître la culpabilité, c’est aussi ça, assumer qui l’on est. »

Karine carbure incontestablement aux défis, aux projets, et comme elle le dit si bien : sky is the limit. « J’aimerais ça arrêter de dire que je veux publier un livre et m’y mettre pour vrai. J’aimerais aussi continuer à développer mes formations en ligne. Je fais déjà des coachings matinaux, en robe de chambre, pas maquillée avec toute ma vulnérabilité, et j’adore ça. La beauté de ce que je fais est que je ne travaille jamais avec des plans stratégiques ou une vision d’affaires, je suis dans une constante créativité. Je me répète chaque jour : « Univers, surprends-moi ! » Et croyez-moi, il ne me déçoit jamais ! »


VALÉRIE GUIBBAUD
Journaliste, animatrice et auteure
Facebook : Valerieguibbaudradiotele

Par Valérie Guibbaud

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