Le goût du bonheur

Tout a commencé par une rencontre entre deux animatrices dans les coulisses d’une chaîne radio. Madeleine Arcand et Maxime Morin deviennent des collègues, puis des amies, que leur passion pour le yoga et la méditation, puis la maternité rapprochent. Une idée toute simple les mène sur le chemin des affaires. Avec Rose Buddha, elles sont maintenant à la tête d’une entreprise millionnaire.

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©Avril Franco - Magazine Mieux Etre

 

 

 

 

La collection Magie blanche
de Rose Buddha comprend des leggings
réversibles aux imprimés délicats faits
à partir de bouteilles recyclées.

C’est lors d’un séjour à Bali avec son conjoint et ses enfants que Madeleine Arcand a eu l’idée de créer une gamme de leggings. À l’époque, ce type de pantalon ne faisait pas encore partie de la garde-robe quotidienne de la plupart des femmes et il se portait généralement en noir uni pendant une activité sportive. Une femme déambulant dans la rue, vêtue d’un pantalon orné de jolis dessins, a attiré son attention. Quelques recherches plus tard, elle faisait la découverte d’une compagnie californienne fabriquant des vêtements à partir de bouteilles recyclées. Pourquoi ne pas adapter le concept au Québec ? Une réunion dans un café scelle l’entente avec Maxime, et l’aventure commence pour Rose Buddha.

En 2016, les filles lancent leur marque, en collaboration avec l’illustratrice Émilie Beaudoin. Deux cents unités trouvent preneur en une journée. L’engouement est majeur, mais les deux amies poursuivent leur travail à petite échelle. « Au début, c’était vraiment juste nous deux, explique Madeleine. Nous nous occupions de tout : la production, la livraison, le service à la clientèle, l’image de marque, les communications, la gestion des réseaux sociaux, etc. Puis nous sommes passées à l’émission Dans l’œil du dragon. Boum ! Notre chiffre d’affaires a explosé : de 150 000 $, la première année, nous avons franchi le cap du million, la deuxième année. »

L’importance de la communauté
La tête remplie de projets (« Notre problème, c’est de contenir nos idées ! »), les copines de Rose Buddha comptent maintenant une dizaine de personnes dans leur équipe, des pigistes qu’elles préfèrent appeler des collaborateurs plutôt que des employés. Autant avec ceux qui travaillent de concert avec elles qu’avec leur clientèle, l’aspect « communauté » est très important pour Madeleine et Maxime. « Nous ne voulions pas juste faire des leggings. C’était important pour nous de créer une bulle, avec une approche respectueuse de la nature et des gens. »

Leur collection comporte maintenant des leggings, des chandails, des bracelets, des sacs et des livres (le plus récent, À go, on ralentit, a été lancé en octobre). Une école de yoga a ouvert ses portes il y a quelques mois et des cours en ligne ont été mis sur pied. Comment fait-on pour gérer autant de projets à la fois tout en demeurant fidèle à son principe de slow living ? « C’est un combat de tous les jours. Il y a parfois des semaines où nous sommes plus stressées. Mais le slow living, c’est aussi ça : rester calme au cœur du tourbillon. Nicole Bordeleau nous a appris ceci : "Prépare ton quai avant la tempête." Une pratique quotidienne de la méditation aide beaucoup à garder le calme, et surtout, il faut une bonne dose d’organisation ! »

Respecter ses valeurs
Malgré tout, la qualité de vie demeure au centre de leurs préoccupations. Pas de boulot avant 9 h ou après 16 h, et l’heure du dîner avec les enfants est sacrée. Le déplacement des festivités entourant l’Halloween dans certaines villes a notamment entraîné le report de la soirée de lancement de leur livre. « Peut-être que notre philosophie ralentit notre succès ou diminue nos revenus. Mais nous préférons faire moins d’argent et être bien. Nous ne voulons pas nécessairement que Rose Buddha devienne une énorme multinationale. Il faut accepter de travailler moins pour avoir une belle qualité de vie. Ça marche bien, et c’est à la hauteur de nos valeurs. » Des valeurs qui font parfois un clash avec les réalités du milieu. « Le milieu du vêtement n’est pas toujours facile. Nous nous battons contre une industrie formée de messieurs en voitures de luxe. Mais nous aimons ça. Et s’il y a quelque chose que nous aimons moins, nous arrêtons, tout simplement. Nous voulons que ça coule et ça se fasse dans le plaisir. »

Voir grand
À propos de plaisir, ce qui s’en vient pour les prochains mois a de quoi emballer l’équipe de Rose Buddha. L’école de yoga remporte un beau succès, et Madeleine révèle qu’il y a des plans pour l’ouverture d’autres studios. Des essais concluants ont aussi démontré que la clientèle de Rose Buddha était prête à acheter autre chose que des leggings, ce qui leur ouvre aussi la porte pour une foule d’autres types de produits. Les filles poursuivent également leur formation personnelle, ce qui contribue à leur envie de partager : d’autres cours en ligne pourraient donc également voir le jour sous peu. « Mais notre gros objectif de 2020, c’est de sortir un peu du Québec, de faire connaître la marque dans le reste du Canada et ailleurs. Elle est déjà distribuée dans quelques boutiques à l’étranger, par exemple au Mexique et en Belgique. »

Pas de doute, l’avenir est rose pour Madeleine, Maxime et leur équipe !

 

À go, on ralentit,
Les Éditions de l’Homme, 2019

Pour en savoir plus : www.myrosebuddha.com
Facebook :
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Rose Buddha

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Par Andréanne Blanchard
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