Le SPM une maladie? Apprivoiser le syndrome prémenstruel, tout naturellement

Santé

Maux de tête, fatigue, seins sensibles, irritabilité… Voici quelques-uns des désagréments qui sont le lot d’environ 75% des femmes durant les jours précédant leurs règles. L’ensemble de ces symptômes a été défini comme étant le syndrome prémenstruel (SPM). Dépeint de cette façon, cela a l’air tout sauf souhaitable, non? En effet, aujourd’hui, l’image véhiculée du syndrome prémenstruel, soit à travers l’éducation ou via les médias, est principalement teintée de connotations négatives, sans compter les fausses croyances et stérétoypes qui perdurent encore à ce jour. Il existe des façons plus nuancées et positives d’aborder ce passage qui revient tous les mois pour une majorité de femmes.

D’abord, se réapproprier le féminin
Dans notre société, on a appris (hommes comme femmes) à réprimer le féminin (ou l’énergie féminine), là où siègent entre autres, l’intuition, la sensibilité, la bienveillance et l’empathie. Est-ce parce que la femme a, par le passé, trop longtemps vécu dans l’ombre des hommes? Changer de paradigme au sujet du cycle menstruel, dont le SPM, implique possiblement de laisser tomber collectivement le patriarcat pour faire place à l’expression entière de la magie du féminin. C’est d’ailleurs autour des règles que la femme a le plus accès à toute cette énergie intuitive, créatrice, bienveillante. Oui, il y a un côté plus sombre, mais voir le SPM comme un privilège et lui laisser place tel qu’il se présente permettrait aux femmes de mieux vivre cette période.

Pour arriver comme société à se réapproprier le féminin, il est crucial, d’offrir plus d’éducation à propos de la nature cyclique féminine ainsi qu’un espace sécuritaire pour que les femmes puissent se sentir soutenues, sans jugement. D’autre part, il serait intéressant de proposer des options autres que médicales pour apprivoiser les variations hormonales, l’objectif étant de redonner aux femmes le plein pouvoir sur leur corps, leur féminité.

Comprendre la nature cyclique de la femme
Tous les éléments vivants sur la terre répondent et sont en étroite relation avec leur environnement. La vie est naturellement faite de divers cycles: les saisons, l’ombre qui laisse place à la lumière, les phases de la lune, etc. Fait intéressant, le cycle féminin est étroitement lié aux cycles lunaires qui durent en moyenne 29 jours. On pourrait donc dire que la nature cyclique de la femme lui offre un contact privilégié avec l’environnement qui l’entoure. Malheureusement, beaucoup de femmes ont oublié ce lien spécial et ne comprennent ni leur environnement ni leur corps.

Les femmes doivent d’abord réapprendre à être à l’écoute de ce qui se passe en elles. Tenir un petit journal afin de mettre en lumière les différents ressentis liés au SPM chaque mois et identifier certains patrons peut être un premier pas. Ensuite, dans le but d’accompagner les femmes de manière plus rigoureuse, la méthode symptothermique s’avère un outil très intéressant à explorer. Seréna Québec est un organisme reconnu par le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec offrant l’apprentissage de cette méthode. Finalement, pour aller plus loin dans cette compréhension du féminin, échanger et partager avec d’autres femmes peut permettre de rassurer, de normaliser, puis de briser les tabous. La tente rouge, entre autres, est une pratique ancestrale intéressante ayant pour but de réunir des femmes autour d’un même sujet, soit leur féminité, leur cycle, la maternité, dans une ambiance intime.

Finalement, si vous ne vous comprenez plus, n’hésitez pas à consulter un médecin. Bien que les variations hormonales liées au SPM soient naturelles, il n’est toutefois pas normal qu’elles soient invalidantes!

Outils naturels pour mieux traverser émotivement le SPM
Plusieurs peuples à travers le monde créent toutes sortes de cérémonies et rituels pour honorer la femme. Par exemple, dans certains endroits du sud de l’Inde, la femme reçoit des offrandes et de beaux vêtements quand elle est menstruée. Les Aborigènes de l’Australie, quant à eux, font un bain rituel et appliquent de la belle peinture sur le corps des jeunes femmes. Sans pour autant qu’il faille adhérer à ces pratiques, le principe reste de savoir travailler avec son cycle. Voici quelques approches à explorer.

» Organiser un rituel SPM: Celui-ci doit être symbolique et bienfaisant pour vous (ex: Prendre un bain chaud, allumer des chandelles, danser, etc.). Ainsi, en vous faisant du bien, tranquillement, votre subconscient associera le -SPM à un moment agréable au lieu de le redouter chaque mois.
» Faire de la méditation: La méditation pleine conscience est un outil fabuleux pour vous connecter à vous-même, juste observer ce qui se passe dans votre corps et l’accueillir tel qu’il est.
» Explorer les médecines douces: Les médecines douces pourraient vous aider à équilibrer vos hormones, améliorer votre humeur, favoriser le sommeil, augmenter l’énergie et diminuer l’impact négatif du SPM dans votre quotidien.

Note: Certains livres sont des mines d’or contenant divers outils et exercices pour la femme, comme Le féminin sauvage, de Tami Lynn Kent.

Outils naturels pour mieux traverser physiquement le SPM
Mieux gérer l’équilibre repos activité
Selon la médecine traditionnelle chinoise, le cycle féminin est comme une danse continuelle entre le plein et le vide. Dans la première partie du cycle, l’énergie est souvent plus présente et atteint souvent un pic un peu avant l’ovulation, au moment où la testostérone et l’œstrogène sont à leur maximum. Ensuite, après l’ovulation, dans la deuxième partie du cycle, le corps a besoin de plus de repos, de nutrition. Il doit faire des réserves d’énergie pour se préparer aux règles qui demandent beaucoup de force à tout le système nerveux. En évitant d’épuiser toute l’énergie disponible en première phase du cycle, le SPM (en phase lutéale) pourrait être ressenti de façon moins marquée. Plusieurs cultures retirent même les femmes de toute activité pendant leurs règles pour leur permettre de prendre du temps pour elles, une belle sagesse dont on pourrait s’inspirer!

Adapter l’alimentation en fonction de son cycle
En général, pour favoriser un bon équilibre hormonal, il est primordial de s’assurer d’avoir une alimentation riche en fibres, fruits, légumes, acides gras essentiels et protéines. Les aliments particulièrement riches en minéraux sont de mise. Pour atténuer les symptômes du SPM, réduire sa consommation de sucre, de café et de sodium peut faire la différence. Certains aliments sont à privilégier, comme les légumes verts, les sources d’oméga 3, les noix et graines. Finalement, en dehors des grands principes énumérés ci-dessus, comme chaque femme et chaque cycle ont leurs particularités, écouter son corps et son intuition reste toujours l’avenue gagnante.

CATHERINE DROUIN
Naturopathe spécialisée en santé de la femme
Praticienne Arvigo (Massage abdominal Maya)

www.lasanteacoeur.com

Par Catherine Drouin

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