Café et substituts médicinaux

Herboristerie

Mmm, un café ! Ce délicieux breuvage du matin aide beaucoup de gens à bien démarrer leur journée, mais, comme toute chose, il ne faut pas en abuser. Étant un stimulant et non un tonique, il peut, en cas de grande fatigue, contribuer à épuiser notre réserve d’énergie en nous amenant à ne pas avoir conscience de nos limites réelles et à les dépasser. Voici quelques plantes médicinales intéressantes à prendre en remplacement ou en complément au café.

Il est important de noter que, pour la plupart de ces plantes, l’usage alimentaire est intéressant en prévention, par exemple avec le café ou comme substitut. Mais lorsqu’on les utilise pour une problématique de santé, des dosages thérapeutiques sont nécessaires en plus de l’usage alimentaire.

- Pissenlit (Taraxacum officinale) : plante de vitalité, tonique et nutritive, c’est un excellent draineur et nettoyeur. Le pissenlit stimule la production de bile et son évacuation, ainsi que l’activité rénale, en plus d’être un dépuratif sanguin qui aide à la reconstitution du sang. Il a une action bénéfique sur la rate et le pancréas. Régulateur de la glycémie, il aide à prévenir les changements brusques du taux de glucose. Des recherches récentes lui attribuent également des propriétés anticancer. Le pissenlit est également nutritif et minéralisant, une vraie panacée !

- Chicorée (Cichorium intybus): on utilise la racine. Elle stimule l’appétit et favorise les sécrétions biliaires. Elle est d’un grand secours en cas de troubles digestifs, tels que les gaz et ballonnements, la digestion lente, etc. C’est un bon draineur du foie et des reins, et elle est utilisée dans les troubles reliés à ces organes. Elle fait aussi baisser le taux de lipides sanguins et est bénéfique quand on souffre d’hypercholestérolémie.

- Bardane (Arctium lappa) : vous savez, ces petites boules piquantes qui restent bien accrochées après les chandails de laine, ou la queue du chien ? C’est la bardane ! Mais c’est surtout la racine qu’on va utiliser. La bardane est une grande dépurative du sang. Elle a aussi une action sur les reins et le foie. Elle sera très utile pour aider le corps à nettoyer le sang de ses poisons et déchets, et à combattre plusieurs infections et problèmes de peau.

Récolte et transformation
Pour le pissenlit, la chicorée et la bardane, on utilise les racines que l’on cueillera à l’automne ou tôt au printemps, dès l’apparition des premières feuilles, afin d’optimiser le potentiel médicinal. Il est possible de cueillir les racines l’été pour la torréfaction, mais l’aspect médicinal ne sera pas optimal.

Préparation
Récolter les racines, bien les nettoyer, les couper en rondelles minces comme on le fait pour des carottes. Les mettre sur un linge à vaisselle pour absorber le surplus d’humidité. Déposer ensuite sur un papier parchemin, sur une plaque au four (sans chaleur), avec la lumière allumée qui fournira une douce chaleur, ou mettre au séchoir. Lorsque les racines sont bien sèches, entreposer à l’abri de la lumière et de l’humidité. Pour ma part, je préfère ne pas torréfier toutes mes racines, car cela me laisse la latitude de les utiliser pour un traitement médicinal plus intensif au besoin.

Café de racines médicinales
Choisir des racines de bardane, de chicorée et/ou de pissenlit seules ou en combinaison.

Préparation
Prendre des racines préalablement séchées et les faire griller au four à 120 °C environ une heure, ou jusqu’à ce que les racines soient brun foncé. Pour une couleur et un goût plus uniforme, les vérifier et les retourner de temps à autre. Le degré de coloration déterminera le goût plus ou moins prononcé. Laisser refroidir et moudre au moulin à café. On peut aussi moudre au fur et à mesure. Les racines non moulues se conservent très bien dans un pot hermétique. Le goût amer de ces cafés peut nécessiter l’ajout de miel ou de sucre.

Champignons médicinaux
- Reishi (Ganoderma lucidum et Ganoderma tsugae) : une des grandes vedettes parmi les champignons médicinaux, en Asie. Il est utilisé à des fins médicinales depuis plus de 2000 ans. Certains le considèrent comme l’ultime substance végétale, étant donné les nombreuses propriétés qui lui sont attribuées et le peu d’effets secondaires. Traditionnellement, le reishi est employé pour prévenir et traiter une foule de maladies liées au vieillissement : maladies cardiaques, bronchite chronique, hypertension, cancer, diabète, etc. Il est aussi consommé quotidiennement pour promouvoir la santé, favoriser un bon sommeil, augmenter la résistance aux infections, etc. On le nomme « champignon de l’immortalité », et ce n’est pas pour rien ! On peut dire sans se tromper que le reishi entretient la bonne santé en général. Le reishi est aujourd’hui reconnu pour ses propriétés immunostimulantes et antitumorales. Il est très intéressant dans le traitement et la prévention du cancer. Le reishi est cardiotonique et favorise la santé de tout le système circulatoire. L’avantage du reishi comparativement au chaga est qu’on peut le cultiver, donc assurer la pérennité de la ressource.

- Chaga (Inonotus obliquus) : de plus en plus à la mode, il est un grand allié du système immunitaire, et plus particulièrement dans les cas de cancer. Il est antioxydant, immunomodulateur et antitumoral. En fait, ce n’est pas un champignon, mais plutôt un sclérote. Le goût du chaga infusé se rapproche davantage de celui du thé que d’un champignon en raison de sa teneur en tanins. Il se mélange bien aux autres plantes et épices. On peut facilement utiliser le chaga en remplacement du thé dans une recette de chaï. Traditionnellement, le chaga macérait dans l’eau tiède jusqu’à 48 heures. Toutefois, des études sur les propriétés antitumorales du chaga ont démontré que l’ébullition augmentait la quantité de composés anticancéreux actifs présents dans le liquide, alors que ces composés étaient pratiquement absents lorsqu’il n’y avait pas eu d’ébullition.

Je mets toutefois un bémol à son utilisation et sa vente à grande échelle, car c’est une ressource qui pourrait s’épuiser rapidement. Sa croissance est lente, et la cueillette n’est pas toujours faite de façon éthique, en plus de ne pas respecter l’arbre hôte du chaga. Pour ma part, au quotidien, je privilégie le pissenlit et le reishi plutôt que le chaga, que je conserve pour faire une cure de trois semaines, une fois par année.

• Pour un café de chicorée, utiliser environ 25 ml de chicorée torréfiée par 250 ml d’eau chaude.

• Pour le café de pissenlit ou bardane, utiliser environ 5 ml de poudre par 250 ml d’eau chaude. Laisser infuser, au goût, 5 à 20 minutes.

• Pour le reishi, mettre 5 à 15 ml de très petits morceaux ou de poudre dans 250 ml d’eau, et chauffer très doucement 10 à 20 minutes.

• Pour une cure ponctuelle de chaga, infuser 5 ml de chaga broyé dans 250 ml d’eau, et chauffer très doucement 10 à 20 minutes.

Mélange avec le café
Il est également possible de mélanger ces plantes avec du vrai café, ou entre elles, pour varier les saveurs. Cela fonctionne très bien avec une cafetière à piston ou, encore, une cafetière italienne. Les ratios variant en fonction des goûts, je recommande souvent de commencer par 1/3 de plantes pour 2/3 de café.

Plusieurs autres plantes médicinales peuvent être intégrées au café ou employées comme substituts à celui-ci. C’est un vaste monde de saveurs surprenantes que vos papilles pourront découvrir ! Je vous invite à explorer chacune des plantes présentées ici individuellement pour ensuite vous amuser à marier les saveurs, à découvrir ce que vous aimez le plus et à voir ce qui vous apporte le plus d’énergie !

NATACHA IMBEAULT
Maître herboriste et Hta (herboriste thérapeute accréditée), auteure, conférencière, thérapeute multidisciplinaire et directrice de l’Herbothèque, un institut qui offre des formations en santé naturelle (herboristerie, aromathérapie, naturopathie, reiki, etc.), en personne et par correspondance, partout dans la francophonie depuis 1994.www.herbotheque.com • Facebook :  Herbotheque

Note : Il est très important de consulter un professionnel avant de cesser une médication. Certaines plantes peuvent également interagir avec certains médicaments.

Par Natacha Imbeault et coll. de l'herbothèque

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