La déco thérapie, une nouvelle façon de décorer qui prend tout son sens!

Déco

La crise sanitaire actuelle nécessite de passer plus de temps chez soi. Pour nous tous, notre maison est devenue notre repaire obligé, bien souvent notre seul lieu où se ressourcer... Et si nous pouvions faire de notre demeure un véritable sanctuaire, un lieu nous conduisant au mieux-être ?

La déco thérapie propose, par la décoration, de faire d’un lieu un endroit sécuritaire et rassurant où nous pouvons nous déposer. Dans cette perspective, chaque pièce de la décoration devient un choix pleinement conscient où l’intention précède l’action. On cherche ici à rehausser les sensations positives et faire du bien aux occupants. En déco thérapie, on privilégie le feeling good au looking good. Il n’est donc pas nécessaire de faire un décor digne d’un magazine, standardisé et aux dernières tendances, mais plutôt d’utiliser des façons et astuces pour changer notre intérieur dans une optique de mieux-être. On parle ici de la dimension philosophique de décorer. L’aspiration est de créer un environnement propice à l’introspection dans un désir d’équilibre. La décoration est alors centrée de manière optimale sur les besoins des occupants d’un lieu. Elle est totalement au service du bien-être des gens qui y vivent.

Et si la beauté rendait heureux ?
Pour reprendre la question de Pierre Thibault tirée de son livre portant ce titre et concernant l’architecture, s’entourer de ce qui est beau nous permet de mieux affronter les difficultés. Vivre dans un environnement beau et agréable a des impacts positifs sur ses occupants. Le fait d’apprécier le beau et de s’en imprégner quotidiennement aurait des conséquences positives significatives sur notre cerveau, l’entraînant ainsi à contrebalancer son penchant négatif inné, comme nous en fait part Rick Hanson dans le livre Le cerveau du bonheur. Le décor de nos maisons peut donc être réellement une source de bonheur dans nos vies. Il devient intéressant de le réaliser et ainsi de décorer en pleine conscience.

Pour soutenir ses forces intérieures
La déco thérapie peut devenir fondamentale pour gérer les défis auxquels nous devons faire face dans notre quotidien. Nous sommes appelés à nous ancrer davantage dans notre lieu de vie. Pour s’y sentir bien, une attention particulière à cet environnement peut réellement soutenir nos forces intérieures et activer davantage d’expériences positives.

Il est possible de décorer en créant une connexion émotive à cet environnement. Par exemple, comme le mentionne Maxime Coulombe dans son livre Le plaisir des images, celles-ci agissent comme des hameçons à souvenirs. Le choix de nos tableaux, affiches ou photographies comme art mural peuvent alors réellement avoir un pouvoir affectif et mémoriel sur nous. Si nous choisissons consciemment d’afficher des images qui nous rappellent, par exemple, la réalisation d’un objectif personnel ou une image associée à ce qui nous est cher, cela viendra soutenir nos forces intérieures de détermination ou de gratitude. Il est aussi possible de décorer avec des mots ou des messages bienveillants qui inspirent littéralement le chemin du bien-être pour nous ; au même titre qu’utiliser d’anciens meubles familiaux auxquels nous donnons une deuxième vie peut évoquer des souvenirs heureux et donner de l’âme au décor. Un autre exemple serait de décorer simplement avec des éléments de la nature trouvés lors d’une promenade. Cela nous connectera instantanément à la beauté du paysage jadis contemplé.

En choisissant des objets décoratifs qui ont une pertinence personnelle, nous venons directement enrichir une expérience positive. Et puisque nous passons beaucoup de temps à la maison, ces éléments deviennent encore plus significatifs, car la durée renforce réellement le bienfait. L’effet thérapeutique de la décoration devient comme un antidote au quotidien en activant chez nous des pensées positives.

Dans ce même ordre d’idées, la déco thérapie peut s’avérer très importante et essentielle pour certaines clientèles. Nous pouvons facilement imaginer comment elle pourrait faire une différence majeure dans le bien-être des gens âgés quittant leur demeure pour une résidence d’aînés, ou les enfants séjournant à l’hôpital. J’ai pu moi-même constater son impact après avoir réalisé une décoration de chambre pour une amie après l’annonce d’un cancer et la convalescence suivant une opération. Puisque mon amie devait passer beaucoup de temps au lit, les choix ont été faits en fonction de cet aspect. Le toucher étant le sens le plus directement relié au système nerveux, la literie et les coussins ont été choisis dans une intention de douceur et bonifiés pour plus de confort et d’apaisement. Une mosaïque de photos, de pensées et d’œuvres d’art symboliques a été placée devant son lit de façon à créer un tableau de visualisation positive. Des luminaires de lecture ont été ajoutés, de même qu’un gradateur d’intensité pour adoucir l’ambiance. Plusieurs bougies et lanternes ont été installées pour apporter calme et réconfort. Un diffuseur d’huiles essentielles, une touche végétale et plusieurs autres petits éléments décoratifs ont été choisis selon ses intérêts personnels, procurant ainsi beaucoup de ressenti et d’intention à chacun de ces éléments. Cet exemple vient soutenir l’idée que la déco thérapie peut réellement nous apporter des sensations positives à travers des situations difficiles.

S’intégrant comme une solution mieux-être, la déco thérapie ouvre la porte à une nouvelle façon de favoriser le bien-être chez soi. En considérant cette approche comme soutien à l’activation d’expériences positives dans notre quotidien, nous instaurons en quelque sorte un nouvel art de vivre. En ces périodes de changement, cette façon de décorer pourrait réellement nous aider à trouver réconfort et bonheur dans nos maisons en rehaussant notre énergie et notre vitalité. En prendre conscience, c’est déjà en bénéficier !

SANDRA LEVEILLÉ
Auteure, artiste et déco thérapeute • Propriétaire de L’Atelier de mes pensées

www.atelierdemespensees.com • info@atelierdemespensees.com • Instagram: atelier_de_mes_pensees

Par Sandra Léveillé

À lire aussi

Par Natacha Imbeault et le collectif Herbothèque