Julie Bélanger et l'importance de la transmission

Entrevue

Être bien, c’est ce à quoi nous aspirons tous. Pourquoi certains y parviennent mieux que d’autres ? Julie Bélanger vous dirait certainement que ce bonheur passe d’abord par l’acceptation de soi. C’est à travers un long chemin, entrepris il y a plusieurs années, que l’animatrice est partie à sa rencontre avec la volonté d’apprendre, enfin, à s’aimer. Elle nous fait part ici des réflexions et des pistes qui l’ont menée à vivre, aujourd’hui, une existence enrichissante et épanouissante.

D’aussi loin qu’elle se souvienne, Julie a toujours nourri ses rêves. Plus il y en avait, plus elle se sentait vivante. « C’est un moteur exceptionnel pour nous aider à avancer. Je fais partie de ces gens qui, eh oui ! dressent des listes de rêves à accomplir. Il y a 10 ans, j’ai pu cocher un de ceux-ci : celui de faire un album sur lequel il y avait plusieurs de mes compositions. Je chante depuis que je suis toute petite, c’est une passion, alors pourquoi ne pas aller au bout de celle-ci ? » Depuis les cinq dernières années, c’est à travers son blogue Être bien qu’elle partage ses questionnements et ses doutes. « Je voulais avoir une tribune qui me permettrait de m’exprimer sans filtre. D’exposer le beau, mais également ce côté obscur qu’on cache trop souvent aux autres. C’est d’ailleurs à la suite de la dépression d’un de mes proches que j’ai ressenti le besoin de faire ma part. S’il y a bien une chose que je déteste dans la vie, c’est de me sentir impuissante. En faisant part de ma propre expérience, je me suis dit que ça serait ma façon très personnelle d’accompagner l’autre dans son propre cheminement. »

Aujourd’hui, Julie pense sincèrement que ses fondations sont plus solides que jamais. Elle s’autorise toutefois à penser que personne n’est à l’abri d’une rechute, et que de se montrer à nouveau vulnérable ou fragile est plus que normal. « On mène des vies de fous, tout va tellement vite. J’ai longtemps fonctionné grâce à l’aide d’un radar. Comme si je fonçais la tête la première, les yeux fermés vers je ne sais trop où ! Aujourd’hui, comme j’ai appris à me connaître, je suis capable de m’arrêter et de prendre du recul pour éviter de me retrouver, encore une fois, face à un mur. De toute façon, je me dois d’être vigilante et bienveillante, car dans ma famille, nous sommes, disons, sujets à la dépression et abonnés à l’anxiété. Ça fait partie des démons avec lesquels nous avons appris à vivre. »

Ce côté plus sombre, que Julie ne cache à personne, est pourtant bien loin de l’image qu’elle projette, celle d’une fille lumineuse au rire contagieux. « C’est effectivement ce que je suis, mais avec mille et une nuances ! Les rayons de soleil provoquent aussi des zones d’ombre, et tout ça fait partie de moi. Mais je m’efforce d’installer la joie à chaque nouvelle journée. C’est ce qui me porte et me donne l’énergie nécessaire pour accomplir l’impossible. Ce qui me sert aussi, c’est la musique. J’ai la chance, depuis plus de vingt ans, d’animer à la radio quotidiennement et d’y présenter les meilleures chansons qui soient. Pour moi, c’est la meilleure façon de mettre de la bonne humeur dans mes moments plus gris. C’est le meilleur des exutoires. »

Julie Bélanger

©Photo : ­Julien ­Faugère - Magazine Mieux Etre

Alors que 2020 tire à sa fin, on peut sans nul doute affirmer que cette année aura chamboulé nos vies tout en nous poussant vers la résilience. Pour l’animatrice, cette pandémie est l’occasion rêvée de poursuivre l’apprentissage du lâcher-prise. « Résister, c’est perdre une énergie qui pourrait servir positivement. Je m’efforce tous les jours de voir le beau autour de moi. Je sais bien que ce n’est pas toujours simple de faire abstraction du négatif, mais mon truc à moi, c’est de me sauver dans la nature. Étant native de la Côte-Nord, j’ai besoin d’espace et d’eau. Je suis chanceuse, car, où je vis, j’ai le fleuve dans ma cour. Quand je sens l’anxiété monter, je m’accorde quelques minutes, je sors respirer à mon propre rythme et je vous jure que ça marche ! »

Apprendre à vivre avec le confinement n’a pas été rose pour tout le monde. La solitude, la vulnérabilité, l’isolement et toutes ces remises en question ont heureusement épargné Julie. « Je suis tellement chanceuse parce que ce confinement m’a confirmé que j’étais avec le meilleur être humain du monde. Je ne m’ennuie jamais avec mon chum. C’est mon meilleur ami. Nous nous aimons avec tout ce que nous avons de meilleur et de moins beau. Le bonheur n’a jamais quitté la maison, malgré les circonstances exceptionnelles. Je dois aussi donner du crédit à ma chienne, Toutoune, qui est arrivée chez nous tout juste avant le début de la pandémie. Elle nous procure tellement de joie. Je n’avais jamais eu de chien, seulement des chats, et Toutoune nous ramène constamment dans le moment présent. Je suis très maternelle et super protectrice avec elle ; je l’aime comme on aime un enfant. Elle me fait le plus grand bien. C’est comme de la zoothérapie. »

Et si on abordait la prochaine année avec confiance tout en se responsabilisant ? « C’est ce que je nous souhaite comme société. Je crois sincèrement que, dans chaque bouleversement, il faut y voir une nouvelle occasion d’apprendre, sur soi et sur les autres. Il faut en profiter pour élever sa conscience et voir plus loin que son propre nombril. Continuons à apprendre à être indulgent et à accepter ce qu’on ne peut contrôler. »

VALÉRIE GUIBBAUD
Journaliste, animatrice et auteure • Facebook : Valerieguibbaudradiotele

Par Valérie Guibbaud

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