Lulu Hughes - Le bonheur de recommencer à zéro

Entrevue

Comme les jonquilles qui poussent au printemps après un hiver difficile, Lulu Hughes renaît ces jours-ci. Après trois cancers et une pandémie, elle revient sur le devant de la scène, forte d’un travail sur elle-même et remplie d’enthousiasme pour de nombreux projets à venir. Rencontre lumineuse.

Lulu Hughes

©Laurence Labat - Magazine Mieux Etre

Nous attrapons Lulu Hughes au vol un lundi matin de mars, alors que la chanteuse prépare son retour en studio. Au bout du fil, la voix est enthousiaste, et nous y entendons un sourire qui ensoleillera d’ailleurs toute la conversation. Après le lancement de la chanson What a Wonderful World, en duo avec Maka Kotto, cet automne, c’est un retour aux sources que Lulu amorce avec l’enregistrement d’un nouvel album en français et en anglais. « Je ne vous cache pas que c’est difficile. Avec ce que j’ai vécu les cinq dernières années, j’ai envie de douceur, de simplicité, de quelque chose de plus enveloppant. J’ai appelé des créateurs, des gens avec qui j’ai collaboré par le passé, comme Antoine Gratton et Jean-Sébastien Chouinard, pour m’aider à remettre la machine en marche. J’ai l’impression de recommencer à zéro. C’est excitant d’une certaine façon, mais c’est aussi un peu stressant. Je dois retrouver mon erre d’aller. J’ai toujours été authentique, mais la musique demeure une business, et il arrive qu’on doive faire des choix pour que la musique fonctionne. Mais, maintenant, je n’ai plus autant besoin de plaire qu’avant…. J’ai besoin de faire du bien ! »

Il est vrai que les dernières années ont été plutôt rock’n’roll pour notre blueswoman préférée. « À la naissance de ma fille, Melody, il y a 11 ans, je n’étais pas dans une belle période de ma vie. J’étais en dépression et je ne le savais pas. Je n’allais pas bien. Je suis revenue d’Allemagne (NDLR : où elle vivait à temps partiel avec son conjoint) en 2014, avec ma fille sous le bras. Je n’ai averti personne. Je n’avais que mon téléphone et ma voiture. Tout s’effritait autour de moi : ma carrière, mon couple… » La vie s’est chargée de la rappeler à l’ordre. En 2016, un mois après avoir appris que sa mère souffrait d’un cancer incurable, le couperet tombe. « Le 22 juillet 2016, j’ai appris que j’avais un cancer du sein. Le médecin m’a dit : "Il va falloir que vous vous occupiez de vous, madame." » Après avoir accompagné sa mère jusqu’à la fin, Lulu a ensuite décidé de reprendre pied. « J’ai pris la décision de m’occuper de moi, de ma dépression. Il fallait que je me nettoie, que je me guérisse physiquement, psychologiquement et émotionnellement. Il y avait des choses que je devais laisser aller, qui ne me convenaient pas. Je devais regarder en avant et laisser des choses derrière. »

Si ce premier cancer a été plutôt médiatisé, il en a été autrement des événements qui ont suivi. « Au printemps 2019, j’ai mentionné que je refaisais des traitements, mais sans vraiment donner de détails. C’était un cancer de l’utérus. J’ai subi la panoplie de traitements : chimio, hystérectomie, radio. J’ai fait une récidive au printemps 2020, mais je n’en ai pas parlé. C’était au début de la pandémie, ce n’était vraiment pas le temps. » Aujourd’hui, les traitements sont derrière elle. « Ce n’est pas douloureux pour moi de parler de ça. Ce sont des expériences de vie. Je ne refuse pas d’en parler, car je sais qu’en partageant mon expérience en tant que personnalité publique, je peux aider des gens. Mais ça ne fait pas non plus partie de ma présentation : "Allo, je suis une survivante." Ça ne me définit pas, mais ça fait partie de pourquoi je suis qui je suis, là où je suis. »

La plus grande leçon pour elle dans ces épreuves a probablement été l’acceptation. En riant, elle admet que ça a pratiquement été un entraînement en vue de l’année de pandémie que nous venons de vivre, avec le quotidien et les contrats mis en suspens. « Le cancer a changé ma vie. Il m’a réveillée. Je sais que certaines personnes liront ceci et ne seront pas contentes. Mais c’est ma réalité. Ça a fait de moi une meilleure personne. Je suis plus sensible et plus heureuse. Nous sommes en pandémie, j’ai eu trois cancers, j’ai perdu mes contrats, mais je suis heureuse pareil ! »

Le regard résolument tourné vers l’avant, la chanteuse prévoit passer son été à moto (voir encadré), prépare son nouvel album et contemple l’idée de retourner à ses premières amours. « Beaucoup de gens ne savent pas que je n’ai pas étudié la musique, mais le théâtre. J’ai mis mon énergie sur le chant quand j’ai vu que ça fonctionnait. Jouer, c’est quelque chose que j’aime beaucoup, mais je n’ai pas eu l’occasion de le faire énormément. Avant, je n’étais pas libre. J’étais trop self-conscious. Les ennuis de santé ont changé ça. J’aimerais y revenir. Il n’est jamais trop tard. »

Une peau chouchoutée

Les ennuis de santé qu’a connus Lulu lui ont appris à prendre soin d’elle, mais également à changer certaines habitudes. En plus de manger plus sainement, elle s’est aussi permis un grand ménage dans son tiroir de produits de beauté ! l va sans dire que la chimiothérapie peut abîmer la peau. Lors d’une sortie entre copines dans une clinique de soins, Lulu a découvert les produits Corpa Flora. « Ma peau était dans un état pitoyable. Après avoir essayé les produits Corpa Flora, j’ai retrouvé ma peau d’avant en moins d’une semaine ! J’ai contacté Céline Champigny, la femme derrière cette entreprise québécoise, pour la remercier. Je suis maintenant l’ambassadrice de ces produits extraordinaires, bios, non testés sur les animaux et reconnus par l’OTI (Oncology Training International). » Ses chouchous ? L’huile nettoyante Beauté divine et la poudre exfoliante ultrafine Rock’n’Rose.

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Corpaflora

Rider pour la cause

En 2017, Lulu a été invitée à participer au spectacle accompagnant la Ride de filles, un événement où un groupe de femmes sillonnent les routes du Québec afin d’amasser des fonds pour la Fondation du cancer du sein du Québec. La fondatrice de l’événement, Sylvie Brisebois, lui a ensuite proposé de devenir porte-parole. «J’hésitais, car je ne suis pas une fille de mécanique et de vitesse. Grâce à une commandite de Tecnic, j’ai suivi mon cours (l’école de conduite offre d’ailleurs des cours de moto réservées seulement aux femmes, pour celles qui préfèrent ainsi). Puis Carrier Harley-Davidson, qui est un précieux supporteur de l’événement, m’a offert une moto. Je me suis fait prendre à mon propre jeu; maintenant, j’ai la piqûre!» Celle qui est désormais la présidente de la Ride de filles planche actuellement sur la 13e édition, dont le coup d’envoi aura lieu le 10 juillet 2021 à Cowansville. Au moment de mettre sous presse, 300 participantes étaient déjà inscrites à l’événement, et l’organisation attendait de connaître les prochaines consignes sanitaires avant d’ouvrir à nouveau les inscriptions et d’organiser la partie spectacle. Plus de 700 000 $ ont été amassés depuis le début de l’événement.

Informations, inscription et dons: www.ridedefilles.org 

Par Andréanne Blanchard

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