Le yoga pour cultiver un état d'équilibre

Nous sommes de plus en plus nombreux à vouloir prendre soin de nous, à la recherche d’un équilibre dans les différentes sphères de notre vie. Les événements de la dernière année ont été porteurs de changements importants dans notre quotidien. Pour plusieurs d’entre nous, ils nous ont poussés à revoir nos façons de vivre, plus consciemment. Bien qu’elle soit ardue, cette crise agit aussi comme déclencheur de l’esprit, ce qui permet de ralentir pour mieux se connecter à soi.

Comme l’état d’équilibre n’est pas un endroit que nous trouvons, mais plutôt un état que nous créons, j’aime bien le comparer à un voyage. À travers l’aventure de la vie, nous expérimentons nombre de péripéties qui nous amènent à ressentir, être et vivre. Ce sont les sensations qui nous animent, les relations que nous tissons et les beautés que nous découvrons qui nous font apprécier le voyage de l’expérience humaine. La destination n’est pas le but à atteindre, il est la résultante de la somme de nos efforts, de nos joies et de nos peines. 

Comment fait-on pour maintenir un état d’équilibre à travers les hauts et les bas ?

Dans le livre des sutras, Patanjali nous propose plusieurs pistes de réflexion pour établir un esprit clair et calme, et ainsi garder le focus à travers l’expérience de la vie. 

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«Les turbulences de la conscience périphérique étant apaisées comme un cristal reflète le support sur lequel il repose, le mental est un état de -réceptivité parfaite vis-à-vis du connaissant, du connu et du moyen de connaissance. Cet état de -réceptivité est Samapatti.»

1:43
«La mémoire ayant été purifiée, comme vidée de sa substance, l’état d’unité sans raisonnement ne s’intéresse alors qu’à l’objet lui-même, libre de connotations mentales.»

En d’autres mots, le premier sutra fait état du stade initial à la connexion du soi, en nous faisant prendre d’abord conscience de l’existence du monde tangible et du monde absolu. Le mental ou l’ego est celui qui génère la pensée et la raison. Le mental se réfère au connu et au monde extérieur, à tout ce qui est visible à l’œil nu. Il ne fait pas partie de la conscience profonde (absolu). Seulement lorsque nous reconnaissons qu’il existe un monde intérieur (volonté propre) et que celui-ci est en connexion avec la conscience universelle (volonté divine), alors l’état de réceptivité, nommé Samapatti, se manifeste en nous. 

Lorsque que nous sommes complètement présent et non teinté par notre mémoire (le mental), alors l’objet ou le moment présent est entièrement compris. Ce deuxième sutra fait référence à notre capacité à maintenir une pratique régulière dans le temps, pour développer une meilleure clarté d’esprit par rapport à nos pensées. Il nous invite à nous détacher de nos pensées et à prendre conscience que nous ne sommes pas ces pensées. En prenant le temps de ralentir, de se positionner dans une assise d’observateur, face aux pensées qui occupent une grande place dans notre esprit, nous pouvons appliquer un filtre sur les pensées limitantes. En se libérant de ces pensées intrusives, nous libérons de nombreuses souffrances, ce qui augmente notre capacité à faire vivre la joie en nous.

De la théorie à la pratique

Patanjali nous invite à créer, aussi souvent que possible, des moments de quiétude dans un endroit silencieux pour faire le tri des pensées que nous souhaitons garder et laisser aller les pensées qui ne nous servent plus. 

À l’aide de courtes méditations et d’une pratique régulière, il devient intéressant d’observer ces pensées fluctuer dans le temps. C’est une occasion renouvelée de visiter sa force intérieure et élargir la connaissance qu’on a de soi. Un temps précieux pour prendre conscience de la puissance intérieure qui résonne en nous, peu importe l’état d’esprit qui nous habite. 

La respiration est un outil fabuleux auquel nous avons accès à tout moment pour se connecter à soi. En s’autorisant à fermer les yeux entre deux tâches quotidiennes, en prenant trois profondes respirations en pleine conscience, nous accroissons au fil du temps notre capacité à entendre notre petite voix (l’intuition) et, du même coup, notre volonté à vivre éveillé.

Lors de la pratique physique du yoga, l’état de présence attentive est requis dans les postures (asanas) pour bouger en conscience, tout en restant l’observateur des sensations et des émotions qui émergent. Les émotions sont les indicateurs des besoins présents en nous auxquels nous devons répondre à courte ou plus longue échéance, selon l’intensité ressentie. En Hatha yoga, nous nous exerçons à aiguiser notre capacité à équilibrer nos énergies entre l’effort et l’aisance, entre la discipline et l’acceptation, entre tenir bon et lâcher prise simultanément. Non seulement, une pratique régulière du yoga permet de garder notre corps en bonne forme et en santé, mais aussi de créer un état d’équilibre et de, tranquillement, la transposer à l’extérieur du tapis de yoga, dans notre vie quotidienne. 

Dans la vie, s’il existe une certitude, c’est que tout est continuellement en changement. Nous avons donc, chaque jour, l’occasion de perfectionner l’art de vivre dans l’équilibre, une respiration à la fois.

Sophie Bienvenue

Passionnée de yoga, entrepreneure, rédactrice et globe-trotteuse, Sophie détient plus de 1000 heures de formation obtenue en Inde. Sa mission est de rendre le yoga accessible à tous. Elle démocratise la pratique du yoga auprès d’un nombre grandissant de personnes avec Passion Yoga et cie, entreprise qu’elle a fondée en 2017. Épaulée par une équipe de 20 professeurs, la communauté PYC propose des cours personnalisés à domicile et en entreprise à travers le Québec. En plus d’organiser des voyages yoga dans le monde, Sophie partage son amour pour cet art ancestral à travers l’enseignement d’une formation yoga 200 h. L’abonnement aux vidéos yoga est également disponible en ligne.

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Sophie Bienvenue

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