Se soigner local avec l'herboristerie traditionnelle

herboristerie

Un des grands avantages de l’herboristerie traditionnelle est de pouvoir se soigner local avec des plantes médicinales sauvages ou de culture facile, de les transformer avec les ustensiles et des ingrédients que l’on a dans notre cuisine. C’est simple, efficace… et écologique !

Lorsqu’on parle d’herboristerie traditionnelle, on parle d’utiliser en premier lieu la médecine des plantes qui poussent dans notre environnement, près de chez nous. On prend soin de soi avec des plantes locales et sécuritaires qui ont fait leur preuve au fil des siècles et dont la plupart ont vu leurs vertus confirmées par la science actuelle (pissenlit, plantain, brunelle, lierre terrestre, violette, pensée sauvage, euphraise, achillée millefeuille, thym, trèfle rouge, verge d’or, framboisier, bleuet, cassis, bouleau, sapin, épinette, thuya, etc.).

On va privilégier les plantes abondantes et qui se propagent facilement, en appliquant des règles de récoltes éthiques et responsables (voir tableau de la page suivante). Pour moi, c’est une façon de les reconnaître et de les honorer pleinement à leur juste valeur que de bien les utiliser et de ne pas les gaspiller.

Contrairement aux huiles essentielles, qui nécessitent de très grandes quantités de plantes, des équipements spécialisés, beaucoup d’énergie et de précautions pour obtenir quelques millilitres d’huile, l’herboristerie nécessite peu de matières premières et de plantes.

Avant de faire une récolte, assurez-vous de connaître les propriétés, les parties à récolter, le procédé de transformation, les précautions et contre-indications ainsi que les dosages sécuritaires de chaque plante dont vous avez besoin.

Une fois vos merveilles récoltées, il est temps de les faire sécher ou de les transformer. Pour ce faire, vous avez besoin de quelques solvants (alcool, vinaigre, vin, eau, miel, etc.), de couteaux, de planches à découper, de quelques chaudrons, de contenants divers (qui peuvent être réutilisés), ainsi que d’une source de chaleur pour certaines préparations. La plupart des produits peuvent par la suite se conserver à la température ambiante. Le tout nécessite donc peu d’investissement et de ressources énergétiques.

Pour viser le zéro déchet en herboristerie, le plus important est de bien connaître les plantes et leurs propriétés, ainsi que l’art de les marier ensemble. Ainsi, avec une vingtaine de plantes, on arrive à traiter la plupart des problèmes de santé courants, ce qui nous donne beaucoup d’autonomie avec peu de ressources.

Récolte ­Zéro ­Déchet
Aller cueillir des plantes sauvages redevient très à la mode. Mais attention, si vous voulez récolter ou consommer des plantes sauvages, il faut savoir le faire éthiquement et respectueusement ! Voici quelques consignes : 

1. Vérifiez et respectez les lois de protection en vigueur.
2. Demandez la permission du propriétaire avant de faire la -cueillette. Notez que toute cueillette est défendue, même pour les plantes non menacées, dans les parcs et réserves naturelles.
3. Apprenez à identifier correctement les plantes qui peuvent être récoltées : suivez un cours, allez dans la nature avec un botaniste ou apportez un livre d’identification lorsque vous partez à la cueillette. En plus de vous aider à cueillir la bonne plante, cela vous évitera le risque d’empoisonnement, car certaines plantes comestibles ou médicinales ont des sosies parfois dangereux.
4. Assurez-vous de récolter la bonne partie de la plante. -Avez-vous besoin des racines, des graines, des fleurs ou des feuilles ?
5. Ne faites pas une récolte impulsive si vous ne savez pas quoi faire avec la plante au préalable.
6. Ne récoltez que des plantes qui sont abondantes dans une région donnée et pas seulement sur le lieu de cueillette.
7. Récoltez sans vous gêner les plantes qui sont considérées comme des mauvaises herbes, comme le pissenlit, l’oseille, l’alliaire ou l’ortie, mais toujours sans gaspiller. N’oubliez pas, elles sont aussi de la nourriture pour plusieurs animaux, oiseaux et insectes.
8. Récolter les fruits ou semences d’une plante pérenne (vivace, arbuste, arbre, etc.) est rarement très nuisible, tant que vous laissez au moins 10 % des fruits ou semences sur place.
9. Pour les plantes annuelles aux fleurs, fruits ou graines utiles, évitez de récolter plus d’une plante sur trois, car elles doivent se renouveler annuellement par leurs semences.
10. Si c’est le feuillage que vous récoltez, rappelez-vous que toute l’énergie que la plante peut emmagasiner pour sa survie vient de ses feuilles et modérez votre récolte en conséquence. Une règle est de ne récolter que le quart ou le tiers et seulement si la plante n’a pas déjà été récoltée. Il y a des exceptions mais encore là, il faut bien connaître le cycle de croissance de la plante pour bien évaluer l’impact de notre récolte sur la survie celle-ci.
11. Il faut limiter davantage la cueillette quand il s’agit d’une plante qu’on récolte tout entière ou dont la partie désirable est la racine, le bulbe ou le rhizome, car cette récolte tuera la plante. Mieux vaut ne récolter au -maximum qu’une plante sur cinq à une sur vingt, même quand la plante est abondante.
12. Lors de votre cueillette, piétinez le moins possible les plantes environnantes.
13. Respectez la nature sauvage en rapportant vos déchets.
14. Récoltez toujours dans un milieu dont le sol est non contaminé, sain et sûr.
15. Sélectionnez uniquement les plantes les plus belles et en santé.
16. Pour éviter les pertes, il faut prévoir des contenants qui respirent et laissent passer l’humidité pour transporter nos récoltes afin que celles-ci se conservent de façon optimale.
17. Transformez vos plantes le plus tôt possibles après la récolte pour minimiser les pertes et préserver le plus possible les propriétés médicinales et l’efficacité qui en résultera.
18. Si vous avez un doute, quel qu’il soit, abstenez-vous.

NATACHA IMBEAULT
Herboriste thérapeute accréditée, auteure, conférencière, thérapeute multidisciplinaire et directrice de L’Herbothèque.
L’Herbothèque offre des formations en santé naturelle (Herboristerie, aromathérapie, naturopathie, etc.), à distance, partout dans la francophonie depuis 1994. Une multitude d’informations gratuites et de ressources sur la santé naturelle et les plantes sont disponibles sur le blogue de l’Herbothèque.
www.herbotheque.com ou 819 326‑4516

Par ­Natacha ­Imbeault

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